
De l'Ombre à la Lumière : Le Major du Bac 2025 Raconte son Parcours et ses Ambitions

De l’Ombre à la Lumière : Le Major du Bac 2025 Raconte son Parcours et ses Ambitions
- Son appel à l’aide pour une carrière en ingénierie
- La réaction des autorités de son établissement
- Le souhait de sa maman
Dans un quartier modeste de Parakou, une école privée du nom d’Académia vient de graver son nom dans l’histoire du système éducatif béninois. Cette année, l’un de ses élèves s’est hissé au sommet du classement national du Baccalauréat 2025, série C, devenant ainsi le premier du Bénin. Un exploit salué avec fierté par le directeur administratif de l’établissement et avec une grande émotion par son professeur de PCT.

Témoignages du Directeur et de son professeur de PCT
Pour Moussa Assouma, Directeur administratif du collège, « C’est un garçon que nous connaissions déjà, qui est travailleur et qui laissait déjà entrevoir de belles perspectives », a-t-il déclaré. « Déjà en classe de Terminale C, il a été premier de sa classe au premier trimestre avec une moyenne de 16. Au deuxième trimestre, il a récidivé en étant encore premier avec 16 de moyenne et au troisième trimestre, il a été deuxième de sa classe. Mais au final, lorsqu’on a calculé la moyenne annuelle, il a encore été premier avec plus de 16 de moyenne », voilà un peu le parcours en Terminale du lauréat, ce qui démontre clairement qu’il est un brillant élève.
Selon Orou Goura Yacoubou Kassimou, professeur de PCT du Major National, « Tohouenou Kossi Germain est un apprenant très calme, travailleur et disons un peu discret, il est très appliqué. Quand vous lui donnez un travail, il le fait correctement, même de la maison avant de venir au collège. Avec ses amis, il a l’habitude de travailler de façon collégiale pour produire les résultats », a reconnu son enseignant de PCT.

Le Major National, Ford Kossi Germain Tohouenou
Le lauréat lui-même, habitant une maison modeste, sans électricité, a pourtant su faire jaillir la lumière de la réussite. Entre humilité et lucidité, le jeune prodige, Ford Kossi Germain Tohouenou, partage ses impressions, ses sacrifices et ses ambitions : poursuivre ses études en ingénierie dans les plus grandes universités à l’étranger. Selon ses dires, avant d’arriver à ce niveau, ce sont les résultats de plusieurs années de travail acharné. Pour ce qui est de ses ambitions, il déclare : « Après ce brillant succès au Bac, moi, j’ai décidé que je voulais faire l’automatisme en robotique, puisque c’est une très bonne filière d’ingénierie. Cela fait partie actuellement des trois ingénieries les plus recherchées dans le monde et moi, vraiment, c’est quelque chose qui me passionne ». Pour que ce rêve devienne une réalité, Ford Kossi Germain Tohouenou, lance un appel aux autorités à divers niveaux. « D’abord, j’aimerais remercier les autorités, à commencer par le chef de l’État, toutes les autorités compétentes, parce qu’elles font vraiment beaucoup d’efforts pour toujours perfectionner le système éducatif, et cette année particulièrement, on a vu que cela a porté ses fruits. Je tiens vraiment à les remercier. J’aimerais aussi qu’elles m’accompagnent, qu’elles m’aident et me soutiennent pour que je puisse vraiment réaliser mon rêve afin de hisser encore plus haut le drapeau national », a-t-il lancé.
Déclaration de la génitrice de Ford Kossi Germain

À ses côtés, sa mère, Lahanatou Bio Kinnou, très émue, revient sur les conditions difficiles dans lesquelles son fils a étudié. Femme de peu de moyens mais de grande espérance, elle lance un appel à l’aide, pour que ce talent ne soit pas freiné par les contraintes financières. « La joie est très immense pour nous, ses parents, et pour toute la famille. Au cours de l’année scolaire, on a eu beaucoup de difficultés parce qu’il n’y avait même pas d’électricité dans la maison. Et c’est comme ça qu’il s’est débrouillé. C’est un petit panneau solaire que l’on a, à un moment donné, il se décharge au beau milieu de la nuit au moment où il est en train d’apprendre. J’allume la torche et je lui remets. C’est comme ça qu’il s’est débrouillé jusqu’à la fin de l’année », a déclaré la maman qui n’a pas pu retenir ses larmes. Elle profite également de l’occasion pour implorer les autorités : « J’aurais souhaité vivement que les autorités béninoises nous viennent en aide pour qu’il puisse avoir une bourse à l’extérieur pour poursuivre ses études ».
Un parcours inspirant, un encadrement solide, une famille déterminée. L’histoire du premier du Bac 2025 dépasse le cadre d’un simple classement. Elle incarne l’espoir, le mérite et le besoin urgent de soutenir les jeunes talents, peu importe leur origine sociale.

Alassane IMOROU SANDA


