"Défenseur des Noirs" et allié d'un suprémaciste blanc : Kémi Séba, le pseudo panafricaniste aux mauvaises fréquentations

Akkilou YACOUBOU
17 avril 2026

Le Béninois Libéré
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Société

« Défenseur des Noirs » et allié d’un suprémaciste blanc : Kémi Séba, le pseudo panafricaniste aux mauvaises fréquentations

(Quand Kémi Séba, pour sortir d’Afrique du Sud, tend la main à celui qui méprise les Noirs)

Il dénonce l’oppression occidentale, le néocolonialisme français, et se rêve en prophète d’une Afrique souveraine. Mais les récents événements en Afrique du Sud révèlent un tout autre visage de Kémi Séba : celui d’un activiste prêt à tendre la main à l’extrême droite blanche la plus radicale, pourvu que Moscou soit au bout du chemin.

Une arrestation qui en dit long
Tout commence par une interpellation conjointe, presque banale en apparence. Kémi Séba, figure médiatique du panafricanisme radical, est arrêté en Afrique du Sud aux côtés d’un certain François van der Merwe, jeune chef de file du groupuscule suprémaciste Bittereinders – « les jusqu’au-boutistes ». Ce dernier, âgé de 26 ans, ne cache ni sa haine des Noirs, ni son admiration pour la Russie de Poutine, ni son rêve d’une « restauration afrikaner » face aux « discriminations raciales anti-blancs ».
Sauf que François van der Merwe n’est pas un simple agitateur marginal. Il est le visage assumé d’une mouvance classée terroriste par plusieurs services de renseignement, un suprémaciste blanc armé, plusieurs fois arrêté pour violence et troubles à l’ordre public. Et c’est précisément lui que Kémi Séba choisissait comme accompagnateur, comme protecteur, comme « ami ».

Le Kremlin et l’aigle à deux têtes
L’affaire ne relève pas d’une simple amitié toxique. Elle s’inscrit dans une stratégie bien plus large menée par Moscou. Selon une enquête d’Intelligence Online (21 novembre 2024), le Kremlin, via la Société de l’aigle à deux têtes – un alias du réseau Tsargrad de l’oligarque Konstantin Malofeev, sous sanctions américaines et européennes –, courtise activement les groupuscules d’extrême droite afrikaners.
L’objectif : influencer à la marge la politique sud-africaine, en tissant des liens avec des figures radicales comme Van der Merwe, que Moscou présente comme un « prisonnier politique ». Une petite manifestation a d’ailleurs été organisée à Moscou en son soutien. C’est dans ce cadre que Van der Merwe s’est rendu en Russie en septembre 2024, invité par la même nébuleuse ultranationaliste orthodoxe.

Kémi Séba, utile idiot ou allié conscient ?
La question qui fâche : Kémi Séba ignorait-il qui était réellement François van der Merwe ? Ses soutiens diront qu’il s’agissait d’une simple aide logistique pour quitter le territoire sud-africain. Mais l’argument tient difficilement la route.
Van der Merwe n’est pas un passeur anonyme. Il est le chef d’un mouvement suprémaciste blanc, ouvertement anti-noir, qui prône la « protection de la communauté afrikaner » contre les Noirs – un discours qui, dans l’Afrique du Sud post-apartheid, est un équivalent moderne des pires heures de la domination blanche. S’allier à lui, c’est renier tout ce que Kémi Séba prétend défendre.
À moins que la cause ne soit ailleurs : l’argent, les réseaux, et surtout la Russie. Car Moscou séduit Kémi Séba comme elle séduit Van der Merwe : en offrant une tribune, une légitimité alternative, et la promesse d’un monde multipolaire où les « opprimés » d’hier deviennent des alliés tactiques – quitte à fermer les yeux sur leur racisme.

L’hypocrisie d’une posture
Kémi Séba a bâti sa notoriété sur une critique radicale de la France et de l’Occident, sur une défense vibrante des Noirs et des opprimés. Mais cette posture vole en éclats quand on le découvre aux côtés d’un homme qui considère les Noirs comme une menace à « contenir ».
Car l’ennemi de son ennemi n’est pas toujours un ami. En s’acoquinant avec un suprémaciste blanc, Kémi Séba ne sert pas la cause noire. Il la trahit. Il prouve que son combat n’est pas celui de la justice, mais celui d’une opportunité géopolitique où toutes les compromissions sont permises, pourvu qu’elles mènent à Moscou.

Le réveil difficile des « indignés »
Sur les réseaux sociaux, certains de ses fans tentent de minimiser l’affaire. Mais les faits sont têtus : Kémi Séba a été arrêté avec un raciste anti-noir. Il a accepté son aide. Il a marché à ses côtés.
Dès lors, une question s’impose : au nom de quoi ? Au nom de la lutte anti-impérialiste ? Au nom du « tous contre l’Occident » ? À force de chercher des alliés partout, même chez ceux qui le méprisent, Kémi Séba n’est plus un résistant. Il est devenu une contradiction vivante.
Une chose est sûre : l’histoire retiendra que l’homme qui se voulait la voix des sans-voix a choisi pour compagnon de route un suprémaciste blanc. Et que le silence, sur ce point, en dit plus long que tous ses discours.

WM

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