
Hommage aux piliers du Parlement : Trois parcours, une même institution honorée par Vlavonou

Hommage aux piliers du Parlement : Trois parcours, une même institution honorée par Vlavonou
(Amoussou, Idji et Nago mis à l’honneur dans des ouvrages mémoriels)
CORPS DE L’ARTICLE :
Dans un geste inédit dans l’histoire politique béninoise, le président de l’Assemblée nationale, Louis Gbèhounou Vlavonou, a organisé ce jeudi une cérémonie solennelle en l’honneur de trois de ses prédécesseurs : Antoine Kolawolé Idji, Bruno Amoussou et Mathurin Coffi Nago. L’événement, tenu au Palais des gouverneurs, a réuni une assemblée de haut rang, composée de la vice-présidente de la République Mariam Chabi Talata, du président de la Cour suprême Victor Dassi Adossou, du président de la CENA Sacca Lafia, de l’ancien président de la Cour constitutionnelle Joseph Fifamin Djogbénou, ainsi que de nombreux députés de toutes législatures.
Cette initiative, présentée comme une « première » dans les annales du Parlement béninois, a attiré une foule venue des quatre coins du pays – parents, amis, anciens collaborateurs – témoignant de l’affection et du respect entourant ces figures politiques.
Trois ouvrages pour trois parcours
Au cœur de la cérémonie, la présentation d’ouvrages scientifiques dédiés à chacun des trois honorés. Rédigés sous la direction des professeurs Gildas Enagnon, Mohamed Aboudou et Joël Adéloui, ces « mélanges » mêlent témoignages, analyses académiques et contributions de chercheurs. « Ils ne proposent pas des récits figés, mais des lectures exigeantes de parcours, de méthodes et de moments clés de notre histoire parlementaire », a souligné le président Vlavonou dans son allocution.
Bruno Amoussou : le patriarche de la mesure
L’ouvrage consacré à Bruno Amoussou retrace le parcours d’un homme « profondément inscrit dans l’histoire politique et institutionnelle du Bénin ». Vlavonou a salué sa « constance, sa méthode et sa connaissance intime de l’État », ainsi que son sens de la médiation. « Le dialogue, lorsqu’il est conduit avec sincérité, responsabilité et sens de l’intérêt général, peut devenir un véritable levier de consolidation institutionnelle », a-t-il déclaré, citant Alexis de Tocqueville pour rappeler que « les institutions politiques ne sont solides que lorsqu’elles sont soutenues par les mœurs ».
Antoine Kolawolé Idji : l’écoute comme méthode
Pour le président Idji, qui a dirigé la 4e législature, le livre présenté met en lumière une présidence « marquée par la retenue, la disponibilité et une conception profondément humaine de l’exercice parlementaire ». Vlavonou a insisté sur son « esprit d’écoute, de pédagogie et de confiance », ainsi que sur son rôle dans le développement de la diplomatie parlementaire béninoise. « Son autorité s’exerçait avec une force tranquille, fondée sur la confiance et la clarté des principes », a-t-il ajouté.
Mathurin Nago : l’action en période d’épreuve
Enfin, l’hommage à Mathurin Coffi Nago, président des 5e et 6e législatures, a souligné sa « volonté constante de préserver la cohérence et l’autorité de l’institution parlementaire », même dans des contextes délicats. Vlavonou a salué son attachement à l’efficacité du travail parlementaire et à la gouvernance interne. « La démocratie parlementaire ne se construit pas uniquement dans les périodes d’apaisement. Elle se forge aussi dans l’épreuve », a-t-il rappelé.
Appel à une « conscience africaine nouvelle »
Prenant la parole au nom des trois honorés, Bruno Amoussou a remercié Vlavonou pour cette initiative « historique » et l’a félicité pour sa conduite des 8e et 9e législatures, qualifiées de « législatures de rupture et de réformes profondes ». Il a également lancé un appel à « construire la conscience africaine nouvelle » et à renforcer la diplomatie parlementaire du Bénin. « Il s’agira de faire en sorte que le Parlement béninois rayonne et soit porteur des idées novatrices qui inspirent à être une puissance », a-t-il déclaré.
Des leçons pour l’avenir
En clôturant la cérémonie, le président Vlavonou a invité l’assistance à tirer les leçons de ces parcours divers mais complémentaires. « À travers ces figures se dessine une histoire parlementaire faite de continuités assumées, mais aussi de choix distincts et de styles différenciés », a-t-il affirmé, citant Jean Monnet : « Rien n’est possible sans les hommes, rien n’est durable sans les institutions. »
Cette cérémonie, qui intervient un jour après l’hommage rendu à Me Adrien Houngbédji, s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la mémoire institutionnelle et de transmettre l’héritage parlementaire aux générations futures.
WM


