
Nouveau choix stratégique pour la survie du parti Les Démocrates : Une rencontre hier et une autre pour demain

Nouveau choix stratégique pour la survie du parti Les Démocrates : Une rencontre hier et une autre pour demain
Quelques heures après l’annonce surprise de la démission de Chabi Yayi et du président du parti, Boni Yayi, le comité permanent de la coordination nationale des Démocrates s’est réuni d’urgence hier. Loin d’être le signe d’une implosion, cette réunion, bien que peu nombreuse, se veut le premier jalon d’un processus de dialogue et de restructuration, avec une rencontre de la plus haute importance prévue pour les prochains jours.
L’heure est à l’organisation et à la sérénité au sein du parti Les Démocrates. Suite à la double démission qui a secoué la classe politique, le comité permanent du parti a pris ses responsabilités en initiant une rencontre hier. Si la mobilisation n’a pas été massive – neuf cadres sur une trentaine ont répondu présents – la qualité des participants témoigne de la volonté de gérer cette transition avec sérieux. Étaient présents, entre autres, les vice-présidents Éric Houndété, Nourenou Atchadé et Eugène Azatassou, le secrétaire national à la communication Guy Mitokpè, ainsi que Jude Lodjou et Christian Monsia.
Comment interpréter cette réunion et, surtout, la décision de Boni Yayi de quitter la présidence ? Loin des scénarios catastrophiques, la direction du parti tient un discours d’apaisement et de raison.
Une raison « sanitaire » et une délégation pour en discuter
Pour le secrétaire national à la communication Guy Mitokpè, il est essentiel de remettre les choses dans leur contexte. « Le président Thomas Boni Yayi a dirigé ce pays pendant 10 ans et il est à la tête de notre parti depuis des années. C’est une personnalité majeure de notre pays. En de pareilles circonstances, il est tout à fait normal que les principaux responsables puissent se réunir », a-t-il confié.
Loin des spéculations sur des luttes intestines, la raison avancée pour expliquer cette décision est claire et humaine. « La principale et la seule raison évoquée est une raison sanitaire. Nous sommes des humains, nous avons tous des moments où nous pouvons sentir des bobos », a précisé Mitokpè, coupant court aux rumeurs.
Pour donner une suite appropriée à cette lettre, le parti a donc pris une décision majeure dans un esprit de cohésion : l’envoi d’une délégation de très haut niveau. « Nous avons décidé qu’une délégation très importante du parti puisse se rendre auprès du président Thomas Boni Yayi afin de mieux discuter avec lui », a-t-il fait savoir.
Un agenda chargé pour le renouveau
Cette démarche s’inscrit dans un calendrier déjà bien rempli pour Les Démocrates. Elle intervient à quelques jours d’une échéance cruciale. « Nous avons aussi une réunion très importante le 6 mars, où le parti doit discuter de sujets brûlants », a rappelé le Snc.
Cette réunion du 6 mars, prévue de longue date, doit justement porter sur le rapport commandé pour étudier les nouvelles orientations stratégiques du parti après sa contre-performance aux dernières législatives. Loin d’être une réaction de panique, la rencontre d’hier et celle prévue avec l’ancien chef de l’État apparaissent donc comme les premières pierres d’un processus de réflexion globale.
En allant à la rencontre de son président pour discuter de sa situation personnelle, tout en préparant activement son avenir politique, Les Démocrates montrent qu’ils entendent gérer cette transition avec maturité. Le vrai tournant pour le parti ne se jouera pas dans des rumeurs de crise, mais bien autour de la table, lors de ces prochaines retrouvailles et des grandes orientations stratégiques à venir.


