Ralliement à Wadagni pour la présidentielle de 2026 : le réalisme de Chabi Yayi pour la nouvelle dynamique

Akkilou YACOUBOU
25 mars 2026

Le Béninois Libéré
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Politique

Ralliement à Wadagni pour la présidentielle de 2026 : le réalisme de Chabi Yayi pour la nouvelle dynamique

Dans le ballet des alliances à l’approche de la présidentielle de 2026, il est des gestes qui ne sont pas anodins. Ils ne se contentent pas d’ajouter un nom à une liste de soutiens ; ils dessinent les contours de l’avenir. La déclaration de Chabi Yayi, fils de l’ancien président Boni Yayi, annonçant son ralliement à Romuald Wadagni, est de ceux-là. Loin d’être un simple arrangement politicien entre « amis de longue date », cet acte est une leçon de lucidité politique qui mérite d’être saluée et analysée comme un tournant générationnel.

Le choix du pragmatisme contre l’ornière du passé

Chabi Yayi a parfaitement résumé sa démarche en une phrase : un ralliement par « pragmatisme ». Dans un paysage politique souvent englué dans les rancœurs post-électorales et les querelles de personnes, ce fils d’ancien chef d’État vient d’administrer la preuve qu’il a compris là où beaucoup s’égarent encore : le temps est compté pour les vieilles rancœurs.

En décidant de soutenir le candidat de la majorité, soutenu également par Patrice Talon, Chabi Yayi ne trahit aucune idéologie. Il acte une réalité. Il a compris que nous assistons à l’avènement inéluctable d’une nouvelle génération, la jeunesse au pouvoir. S’obstiner à rester dans l’opposition stérile ou dans les calculs étriqués du passé aurait été une erreur historique. Son choix est celui d’un homme qui ne veut pas regarder le train de l’histoire passer sans y monter.

Une nouvelle page en finir avec le cycle de la vengeance

L’un des passages les plus forts de son intervention réside dans cette volonté de « contribuer à faire des propositions pour permettre de revoir la situation des personnalités en délicatesse avec la justice ». C’est ici que la portée de son geste dépasse le cadre électoral. En soutenant Wadagni, que Chabi Yayi décrit comme un homme « d’écoute » et de « dialogue », le fils de Boni Yayi envoie un signal fort : il est temps de dépasser le paradigme du « eux contre nous ».

En réalité, Chabi Yayi vient de comprendre que l’ère Talon touche à sa fin, mais que l’ère du « tous contre Talon » doit aussi mourir. Romuald Wadagni incarne cette transition. Il n’est pas l’homme d’un clan contre un autre ; il est l’homme de la continuité apaisée. Soutenir Wadagni, c’est accepter de soigner les plaies du passé plutôt que de les rouvrir pour un quelconque bénéfice électoral à court terme.

La convergence des réformes : l’intelligence du contenu

Chabi Yayi ne s’est pas contenté d’invoquer une amitié personnelle. Il parle de « convergence » entre les réformes de Wadagni et celles qu’il portait au sein des Démocrates. C’est là que se niche le génie de ce ralliement.

Souvent, en Afrique, les alliances se font sur la base de considérations ethniques ou de rancunes partagées. Ici, Chabi Yayi élève le débat. Il affirme que son soutien est le fruit d’une réflexion « mûrement réfléchie » autour de projets. En cela, il montre la voie à toute une classe politique jeune : la fidélité à une vision de développement prime sur la fidélité à un patron ou à un parti décimé par les démissions.

Une leçon pour les héritiers

Ce geste est une leçon. Elle s’adresse à tous ceux qui, par orgueil ou par calcul, continuent d’entretenir le mythe d’une « revanche » inévitable. Chabi Yayi a su regarder au-delà des écrans de fumée. Il a vu que la dynamique politique actuelle, portée par Wadagni, est non seulement majoritaire, mais aussi porteuse de très belles perspectives pour le Bénin.

Il aurait pu choisir la facilité de l’opposition systématique, caresser les vieux démons dans le sens du poil. Il a choisi l’avenir. En actant que le temps de son père et celui de Patrice Talon se tournent pour laisser place à une nouvelle ère, il fait preuve d’une maturité politique rare.

Romuald Wadagni gagne aujourd’hui un soutien de poids, mais c’est surtout le Bénin qui gagne en sérénité. En voyant un fils d’ancien président tendre la main à l’héritier désigné du pouvoir sortant, l’opinion publique comprend que le pays est peut-être enfin à l’aube d’une alternance apaisée, gérée par une génération qui n’a pas connu les guerres intestines des décennies passées.

Chabi Yayi vient de poser un acte fondateur. Il ne s’agit pas d’un ralliement de circonstance, mais d’une adhésion à l’idée que pour construire, il faut d’abord savoir désarmer les rancœurs. Si cette leçon est retenue par d’autres, alors le Bénin entrera véritablement dans une nouvelle ère de dialogue et de prospérité.

AY

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Vignon Justin ADANDE

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