
"Victimisation à tout prix" : L'opposition face à ses responsabilités

« Victimisation à tout prix » : L’opposition face à ses responsabilités
*Les « preuves de l’injustice » de l’opposition, un éternel débat
C’est désormais une habitude. Chaque fois qu’un Béninois est aux prises avec la justice, l’opposition monte au créneau pour dénoncer une injustice, crier à la dictature et alerter sur une prétendue menace sur les libertés. Pourtant, les faits reprochés sont souvent tangibles et manifestes. L’objectif semble être de se victimiser à tout prix pour s’attirer la compassion de la population, l’opposition ne prenant plus la peine de faire la part des choses.
Même lorsque tous les éléments constitutifs de l’infraction sont réunis, il faut compter sur cette opposition, et certains web activistes, pour dénoncer un gouvernement qui emprisonnerait des innocents, simplement parce qu’ils sont critiques. Tout se passe comme si, désormais au Bénin, il suffisait de se déclarer opposé au régime en place pour bénéficier d’une immunité totale, d’un droit à la diffamation ou d’un permis d’incitation à la rébellion. Ainsi, sous couvert d’un titre d’activiste, un Béninois pourrait fabriquer et publier toutes sortes d’allégations sur ses concitoyens et même sur le pays.
Pourtant, la meilleure promotion de l’État de droit devrait être de contraindre chacun à comprendre que le vivre-ensemble exige que tout auteur de dénonciations apporte les preuves de ses allégations. L’opposition gagnerait donc en crédibilité si elle œuvrait à aider ses « protégés » à faire efficacement face à leurs responsabilités. Si ses acteurs tirent profit de ces détentions, les personnes concernées doivent accepter leur sort et se contenter de ce soutien hypocrite qui leur est apporté, histoire d’encourager d’autres à créer des opportunités de victimisation.
Laurent YOVO


