C’est une page de 70 ans qui se tourne. Depuis le lundi 26 octobre 2026, le Bénin dispose officiellement de son premier Code de la route. Les députés ont mis fin à l’arrêté général de 1956 qui régissait jusqu’ici la circulation.
Le texte, qui comprend 6 titres et 122 articles, a été présenté lors d’une conférence de presse juste après son adoption. Autour de la table : Orden Alladatin, président de la Commission des lois, José Didier Tonato, ministre du Cadre de vie et des Transports, et Ariel Sacramento, Directeur général du Centre National de Sécurité Routière.
Trois révolutions majeures à retenir :
- Le trottoir enfin rendu aux piétons
C’est la mesure la plus concrète. Le Code donne une nouvelle définition juridique de la route : toute nouvelle voie devra obligatoirement intégrer trottoirs, pistes cyclables et passages piétons. Fini l’occupation anarchique par les commerces et étalages. Une réponse à un drame : les piétons représentent 15% des tués sur les routes béninoises. - La sécurité routière dès le primaire
L’éducation routière devient obligatoire à l’école primaire. Les auto-écoles seront associées à cette sensibilisation. Le ministre Tonato a tenu à lever une confusion : « Aucun prix de l’auto-école n’a été fixé dans le code. Au contraire, nous voulons rendre l’apprentissage plus simple et plus démocratique ». - Tolérance zéro face à l’hécatombe
Le chiffre est glaçant : 3 200 morts par an sur les routes, soit 9 personnes tuées chaque jour. Le nouveau Code durcit le ton :
- Assurance moto désormais obligatoire pour mieux indemniser les victimes
- Procédures simplifiées en cas de vol de véhicule
- Répression renforcée de la conduite sous alcool et stupéfiants
« Avec ce code, des armes ont été données conséquemment à la police et aux tribunaux pour agir. Avant, ce n’était pas évident », a martelé le député Orden Alladatin.
Le Code est voté. Place désormais aux décrets d’application, que le ministre des Transports assure voir arriver très rapidement.
Jean De Dieu TRINNOU









