Soixante-dix ans après l’arrêté colonial de 1956, le Bénin tourne définitivement une page cruciale de son histoire en se dotant, ce lundi 26 octobre 2026, de son premier Code de la route national. Une avancée majeure saluée et décryptée ce mardi par les députés du groupe parlementaire de l’Union progressiste le Renouveau (UP-R) lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti à Cotonou.
Jusqu’à présent régi par un cadre hérité de l’époque coloniale datant de 1956, le réseau routier béninois souffrait d’un vide juridique structurel face à l’explosion du trafic et à l’évolution des modes de transport. Ce nouveau Code de la route vient combler ce fossé en modernisant de fond en comble les règles techniques, administratives et sécuritaires applicables sur l’ensemble du territoire. Lors de la conférence de presse animée ce mardi, le député Louis Koukpemedji a dressé les grands axes de ce texte fondateur. « La loi précise les obligations des conducteurs et des passagers, notamment en matière de port de casque, de ceinture de sécurité, de respect des règles de priorité et de prévention des comportements dangereux particulièrement la conduite sous l’empire de l’alcool ou de substances stupéfiantes. » a-t-il affirmé.
Le dispositif renforce également l’arsenal répressif et administratif, clarifiant les sanctions, l’encadrement des infractions et les conditions de retrait du permis de conduire. En cas de sinistre, la loi redéfinit précisément les obligations pour garantir une meilleure protection et une assistance accrue aux personnes en danger.
Au-delà de la répression ou de la simple mise aux normes, l’esprit de la loi se veut profondément préventif et protecteur. Louis Koukpemedji a insisté sur l’importance de ce code : « Il renforce tout d’abord la protection des usagers vulnérables, notamment les piétons, les cyclistes, les écoliers et les personnes à mobilité réduite, en accordant une attention particulière à leur sécurité dans la sécurisation et l’aménagement des infrastructures routières. »
Interrogé sur les articulations juridiques de la réforme, le président du groupe parlementaire UP-R, Ake Natondé, a tenu à lever toute ambiguïté sur la portée du texte. Selon lui, « l’objectif du code, c’est de sauver des vies. Le Code de la route n’a pas pour objectif de régir la question de l’assurance. La question de l’assurance est régie par le code CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances). »
La mise en œuvre de cette nouvelle législation implique de fait les autorités locales, en première ligne face aux réalités du terrain et à l’aménagement urbain. Un aspect souligné par le député et ancien maire Luc Atrokpo. « Je crois que, autant qu’ils sont, les maires des communes doivent se réjouir de ce que désormais ce texte juridique existe. » a-t-il confié.
Avec ce premier Code de la route, le Bénin franchit une étape historique vers l’émergence d’une véritable culture de la sécurité routière. L’enjeu majeur des prochains mois résidera désormais dans la vulgarisation du texte, son appropriation par les citoyens et son application rigoureuse sur le terrain pour endiguer l’insécurité routière et préserver des vies humaines.
Jean De Dieu TRINNOU









