45 millions pour un fauteuil ministériel qui n’est jamais venu. C’est l’affaire qui a été évoquée ce jeudi 29 octobre 2026 devant la CRIET. Deux hommes étaient dans le box : un agent de l’ANIP et un administrateur culturel. Ils sont poursuivis pour escroquerie. En face, un tradipraticien de moins de 40 ans, installé à Bohicon et militant UPR à Savalou, qui affirme avoir été grugé entre 2018 et 2026.
Selon Bip radio l’audience a démarré à 17h38. Seul le plaignant a été entendu pour le moment. Le dossier est renvoyé au 3 décembre. Selon son récit, tout part d’un service rendu. Après avoir soigné un ami, celui-ci lui propose un coup de pouce pour son ambition politique : le mettre en contact avec un certain « Caïman », présenté comme un proche du Chef de l’État, capable de le faire nommer ministre.
La piste « Caïman » ne donne rien. Le tradipraticien rencontre alors le premier prévenu, qui lui aurait affirmé travailler avec les enfants de l’ancien Président Patrice Talon. Pour plaire, le plaignant dit avoir acheté plusieurs cadeaux destinés au fils de l’ex-Chef de l’État.
C’est ensuite que le second prévenu entre en jeu. Présenté comme conseiller de l’ancien Président, il le reçoit à Cotonou et lui fait miroiter une nomination au ministère de la Culture. Son profil plairait au Président, lui aurait-on dit. Mais il faut « convaincre certains conseillers ».
Commence alors une longue série de versements. 2,5 millions au début, puis d’autres tranches, année après année, jusqu’en 2026. Au total : 45 millions FCFA déboursés, selon lui. Pour aucun poste à la clé.
La Cour devra maintenant entendre les deux prévenus. Suite le 3 décembre prochain.
Jean De Dieu TRINNOU










