C’est au détour de sa tournée de supervision que le Chef de la délégation du Zou de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA-Bénin) a levé un coin de voile sur les interpellations survenues dans la matinée de la deuxième journée au centre de composition du Lycée Technique de Bohicon.
Sur la supervision, Dah Zèwanon Guézo s’est dit très satisfait : « J’ai parcouru les centres de Djidja et de Covè et je peux vous rassurer que tout se déroule comme il se doit. Les candidats composent dans de bonnes conditions et on n’a pas enregistré d’incidents majeurs », a-t-il précisé.
Au sujet des interpellations orchestrées par les éléments de la Brigade criminelle dans le centre du Lyteb, le chef de la délégation a, au nom de la Chambre, confirmé l’information. Même s’il n’a pas voulu donner assez de détails sur l’affaire, celle-ci étant en instruction, le numéro un des artisans du Zou a tout de même apporté quelques précisions.
Tout serait parti d’une plainte adressée à la délégation par un artisan, un maître tourneur qui vit et travaille dans la commune de Covè. Dans sa plainte, ce tourneur, après avoir constaté la présence de l’un de ses apprentis sur la liste des candidats à cette session d’octobre, a dénoncé un faux usage de son identité et de sa signature. Il demande à la CMA-Bénin de faire toute la lumière sur l’affaire car il ne reconnaît pas avoir envoyé cet apprenti à un quelconque examen, et pire, à Bohicon.
Donnant suite à sa plainte, la délégation a eu recours au dossier physique du candidat. C’est à ce moment que de nombreuses anomalies ont été relevées. Alors que le patron a son atelier à Covè, sur la fiche d’inscription, il est mentionné que son atelier est installé à Bohicon et que c’est bien lui qui envoie cet apprenti qui, selon sa plainte, vient de faire deux ans de formation et continue toujours sous ses ordres. Sur cette fiche, sa signature a été falsifiée et les deux numéros de téléphone qui lui sont attribués ne sont pas les siens. La même fiche porte le nom et la signature du porteur du dossier, un artisan membre du Comité Communal d’Organisation (CCO) dudit examen à Bohicon.
Comme si cela ne suffisait pas, sur le contrat d’apprentissage, beaucoup d’autres irrégularités ont été notées. Le faux concernant le lieu de l’atelier ainsi que la signature du patron a été reconduit. Un montant de 200 000 F CFA ainsi qu’une durée de trois ans ont été imaginés et mentionnés comme coût et durée de la formation. Sur ce contrat établi en 2026, le père du candidat, décédé des années plus tôt, y figure avec son nom et sa signature. On y trouve la signature sans nom d’un président de l’association de ce corps de métier (OPA) ainsi que le nom, la signature et le cachet du président du collectif des artisans de la commune. À tout ceci s’ajoute une carte d’apprentissage du candidat signée de son patron et du même président du collectif. Toutes ces irrégularités relevées, la délégation départementale va saisir la hiérarchie pour conduite à tenir. Ensuite, elle va adresser un courrier au Directeur Départemental de l’Enseignement Secondaire, Président de la CDC, aux fins de suspension de cette candidature en attendant que la lumière soit faite sur le dossier. Informée de ce que le patron plaignant s’est porté à la Brigade criminelle de Bohicon pour la même cause, sur instruction du Bureau national, la délégation départementale de la CMA-Bénin accomplira elle aussi les diligences à l’endroit de cette brigade pour la mise en branle de l’action judiciaire. C’est ce qui va motiver la descente, ce mardi, des éléments de la Police Républicaine dans le centre pour procéder à l’interpellation du candidat et du supposé porteur du dossier. Si pour l’heure on ne sait encore rien en ce qui concerne le niveau d’instruction de l’affaire, Dah Zèwanon a rassuré que le processus suit son cours et qu’il est sûr que la justice fera son travail.
Laurent YOVO










