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Après le Prix Nobel de la paix 2026 attribué à l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay : La CPI sanctionnée par les États-Unis

« L’histoire jugera ce moment » selon cette cette institution

Il y a des coïncidences qui ressemblent à des défis. Ce vendredi 9 octobre 2026, quelques heures à peine après que l’ancienne juge sud-africaine Navi Pillay a été couronnée du prix Nobel de la paix pour son travail au sein de la Cour pénale internationale, les États-Unis ont annoncé des sanctions contre l’institution de La Haye. Une décision qui a immédiatement fait réagir la CPI, convaincue que « l’histoire jugera ce moment ».

Une « attaque contre l’État de droit »

La réponse de la Cour n’a pas tardé. Dans un communiqué, la CPI a dénoncé des sanctions constituant « une attaque contre l’État de droit et les fondements mêmes de l’ordre juridique international, qui porte atteinte au principe fondamental selon lequel nul n’est au-dessus des lois ».

Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, avait quelques heures plus tôt annoncé que Washington interdirait toute transaction avec ce qu’il a qualifié de « tribunal voyou ». Une manière pour l’administration Trump d’intensifier sa campagne de longue date contre cette juridiction.

Un répit de 180 jours

Prévues pour entrer en application dans 180 jours, à moins qu’un accord ne soit conclu d’ici là, ces sanctions entraînent l’interdiction de toute transaction financière avec la CPI, afin de « la couper de ses ressources et réduire sa capacité à opérer », selon Marco Rubio.

La période pourra être ajustée « en réponse aux succès ou échecs de ces efforts ». Les sanctions ne concernent toutefois pas les activités de maintenance, les services de logiciels et l’accès au cloud, le fonctionnement du système de retraite de la CPI ou certaines activités liées aux personnes détenues par la Cour.

« Nous espérons voir nos alliés calmer les ardeurs de la Cour. Dans le cas contraire, les États-Unis continueront de démanteler la CPI, brique par brique, jusqu’à ce que les Américains ne puissent plus être menacés », a ajouté Marco Rubio.

Netanyahu salue, l’Europe s’inquiète

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, lui-même visé depuis 2024 par un mandat d’arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza, a salué les sanctions américaines. Il a qualifié la CPI de « péril mortel pour les démocraties respectueuses du droit ». « La CPI n’est pas un tribunal. C’est une entité politique », a-t-il dénoncé, remerciant Donald Trump et Marco Rubio pour leur « leadership ».

Il a également violemment attaqué Navi Pillay, la qualifiant de personne « sectaire » qui « diabolise les Juifs ». « Le comité Nobel a perdu sa boussole morale », a-t-il estimé.

Le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a pour sa part jugé les sanctions « profondément regrettables », tout en estimant que le délai de six mois offrait « un espace de dialogue essentiel » pour poursuivre les négociations avec Washington.

La CPI appelle ses 125 États membres à la soutenir

La Cour a déclaré que ces mesures visaient à intimider son personnel et à perturber ses activités, affirmant qu’elle ne se laisserait pas dissuader. « La Cour continuera de s’acquitter pleinement de son mandat, en toute indépendance et impartialité, en agissant uniquement sur la base du droit et des éléments de preuve, pour le bien des innombrables victimes de crimes graves », a indiqué la présidente de la CPI, Tomoko Akane.

La Cour a également appelé ses 125 États membres à se ranger de son côté, affirmant que son sort « dépend désormais aussi des États qui l’ont créée ». « Les générations futures, et surtout les victimes d’atrocités de masse, se demanderont comment nous avons réagi lorsqu’une institution créée pour les protéger a été prise pour cible », a-t-elle ajouté.

Une mobilisation internationale

Les ministres des Affaires étrangères du Canada, du Danemark, de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Japon, des Pays-Bas et du Royaume-Uni ont déclaré vendredi « rester unis » derrière la CPI face aux sanctions américaines. « Nous réaffirmons notre soutien constant et indéfectible à l’indépendance, à l’impartialité et à l’intégrité de la CPI », ont-ils ajouté dans une déclaration commune.

La Suisse a également rejeté les sanctions, réaffirmant son soutien à la CPI « en tant qu’institution judiciaire indépendante et impartiale ». Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a jugé ces sanctions « inacceptables », dénonçant « une série de mesures de représailles ». Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit « profondément alarmé par l’impact attendu » de ces mesures.

L’Union européenne a, de son côté, déploré les sanctions américaines et s’est dite « prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour permettre à la Cour de poursuivre son travail ».

Entre fermeté américaine et soutien international croissant, la CPI se retrouve au cœur d’une bataille qui dépasse sa seule existence : celle de l’avenir de la justice pénale internationale.

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