Le gouvernement burkinabè a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, l’exportation des farines de mil, de maïs et de sorgho, ainsi que de leurs dérivés. La mesure, annoncée par le ministère du Commerce, vise à garantir la disponibilité de ces produits sur le marché national et à favoriser leur accessibilité pour les consommateurs.
Présentée comme un appel au « patriotisme économique », cette décision intervient dans un contexte marqué par des difficultés pluviométriques dans plusieurs régions du pays. Les autorisations spéciales d’exportation concernant les produits visés sont également suspendues. Les autorités préviennent que les contrevenants s’exposent à des sanctions.
À travers cette mesure, les autorités burkinabè entendent privilégier l’approvisionnement du marché intérieur, alors que les conditions de la campagne agricole suscitent des préoccupations.
Un dispositif d’urgence face aux difficultés agricoles
En parallèle, le gouvernement a engagé un plan d’urgence destiné à soutenir les producteurs agricoles. Celui-ci prévoit notamment la réalisation de 750 forages à des coûts subventionnés afin de faciliter l’accès à l’eau pour les activités agricoles.
Selon Oula Damien Ouattara, directeur général de la Société Faso Agropôles, la campagne agricole a été marquée par une pluviométrie peu satisfaisante et des poches de sécheresse dans certaines zones du pays.
Ces difficultés renforcent les enjeux liés à la production céréalière, à l’approvisionnement des marchés et à la préservation du pouvoir d’achat des ménages.
L’autosuffisance alimentaire en ligne de mire
Malgré ces contraintes, les responsables de l’offensive agropastorale estiment que la situation ne remet pas fondamentalement en cause la sécurité alimentaire nationale. En 2025, le Burkina Faso avait enregistré une production céréalière de plus de sept millions de tonnes. Le président Ibrahim Traoré avait alors affirmé que le pays avait atteint l’autosuffisance alimentaire.
La suspension des exportations et le lancement de mesures de soutien aux producteurs traduisent ainsi la volonté des autorités de protéger les disponibilités nationales face aux aléas climatiques. Leur efficacité dépendra notamment de l’évolution de la campagne agricole et de la capacité à maintenir un approvisionnement suffisant des marchés.
A. IMOROU SANDA










