« Un Conseil économique et social ne peut pas se contenter de consulter… », a dit le président.
Le président du Conseil économique et social (CES), Abdoulaye Bio Tchané, a poursuivi, mercredi 2 septembre 2026 à Dassa-Zoumé, sa tournée de lancement des activités des Conseils départementaux de l’institution. Dans le département des Collines, cette étape a été marquée par le lancement officiel des activités du Conseil départemental du CES et l’ouverture de la deuxième session ordinaire du CES des Collines. L’occasion pour le président de rappeler les quatre piliers de sa vision et de préciser le rôle attendu des conseillers départementaux auprès des populations.
Une tournée qui continue dans le sud
Après la phase initiale de la tournée consacrée aux Conseils départementaux de la région septentrionale, le président du CES a posé ses valises dans les Collines pour entamer la deuxième phase de cette tournée, qui doit également conduire l’institution dans d’autres départements du sud du Bénin.

À Dassa-Zoumé, plusieurs responsables administratifs, départementaux et communaux ont répondu présents à cette rencontre consacrée au démarrage effectif des activités du Conseil départemental du CES. La cérémonie a également servi de cadre à l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Conseil économique et social du département des Collines.
Dans son intervention, le président Abdoulaye Bio Tchané a expliqué que cette étape constitue également une occasion de tirer les enseignements de la première phase de la tournée et de rappeler les fondements de son action à la tête de l’institution.
L’utilité, premier pilier de la vision
Pour le président Abdoulaye Bio Tchané, le CES doit avant tout être une institution utile aux populations. « Un Conseil économique et social ne peut pas se contenter de consulter. Il doit anticiper », a-t-il déclaré. Selon lui, l’institution doit pouvoir se saisir des grandes préoccupations qui affectent la société sans attendre d’être officiellement sollicitée. Il cite notamment les questions liées à l’environnement, à la jeunesse, à l’emploi, à la souveraineté alimentaire, à la sécurité, à la défense et surtout à l’inclusion sociale.
Cette volonté d’anticipation doit permettre au CES de mieux jouer son rôle dans l’identification des enjeux auxquels le pays est confronté et dans la formulation de réponses adaptées.
La proximité citoyenne au cœur des CES départementaux
Le deuxième pilier évoqué par le président du CES est celui de la proximité citoyenne. Une proximité qui, selon lui, justifie précisément la création des Conseils économiques et sociaux départementaux. Ces structures sont appelées à rapprocher davantage l’institution des populations, notamment à travers la vulgarisation des textes et réformes adoptés au niveau central.
« Cette proximité permet premièrement aux CES départementaux de vulgariser tous les textes pris au niveau central par le Parlement, par le gouvernement, mais aussi et surtout de recueillir dans les communes, dans les arrondissements et pourquoi pas dans les villages les préoccupations de nos compatriotes », a expliqué le président Abdoulaye Bio Tchané.
Pour lui, cette mission d’information est essentielle pour permettre aux citoyens de mieux comprendre les décisions qui influencent leur quotidien. « L’un n’est censé ignorer la loi, mais comment ne pas ignorer la loi si on n’a même pas connaissance de son existence ? », s’est-il interrogé, avant d’insister sur la nécessité pour le CES de contribuer à combler ce déficit d’information. Au-delà de la vulgarisation, les Conseils départementaux devront donc être des espaces d’écoute et de dialogue social, permettant de faire remonter vers l’institution les observations, commentaires et préoccupations des populations.

Favoriser le dialogue entre les institutions
Le troisième pilier de la vision du président du CES concerne le dialogue interinstitutionnel. Abdoulaye Bio Tchané estime que le fonctionnement des institutions publiques en vase clos ne correspond plus à la complexité des problèmes auxquels les populations sont confrontées. « L’idée que les institutions de la République doivent travailler en silos, chacune dans son domaine, est dépassée », a-t-il affirmé.
Pour le président du CES, certaines difficultés rencontrées par les populations relèvent de la responsabilité de plusieurs institutions. Il revient donc à celles-ci de conjuguer leurs efforts afin d’apporter des réponses plus efficaces. Dans cette dynamique, le CES entend jouer un rôle de facilitation, en consultant et, au besoin, en sollicitant les autres institutions de la République autour des préoccupations identifiées auprès des populations.
Le rayonnement international au service des Béninois
Le quatrième pilier présenté par Abdoulaye Bio Tchané est celui du rayonnement international. Il estime que l’image et la visibilité croissantes du Bénin sur la scène internationale doivent désormais profiter davantage aux citoyens et aux acteurs économiques du pays. « Nous devons faire en sorte que le Bénin soit davantage connu. Mais ce n’est pas faire connaître le pays pour le faire connaître uniquement », a-t-il souligné.
L’enjeu, selon lui, est de transformer cette visibilité en opportunités concrètes pour les Béninois. Il évoque notamment la possibilité pour les entreprises nationales d’accéder à de nouveaux marchés, pour les producteurs d’exporter leurs produits et pour les étudiants de bénéficier davantage des opportunités de formation et de partage de connaissances à l’international.
Le CES entend ainsi participer à cette dynamique de rayonnement du Bénin et contribuer à faire en sorte que l’ouverture internationale du pays profite à l’ensemble de la population.
Les conseillers départementaux appelés à jouer le rôle d’interface
S’adressant particulièrement aux membres du Conseil départemental du CES des Collines, Abdoulaye Bio Tchané a insisté sur la responsabilité qui leur incombe désormais. « Votre rôle ici est donc important. Il est le service d’interface entre le CES national et les populations des Collines », leur a-t-il lancé.
Les conseillers départementaux devront notamment contribuer à faire connaître les textes, les réformes et les décisions de la République qui ont un impact sur la vie quotidienne des populations. Mais leur mission ne devra pas s’arrêter à l’information. Ils devront également aller à la rencontre des populations pour recueillir leurs commentaires, leurs observations et leurs préoccupations, y compris sur des sujets qui dépassent le seul cadre des textes et réformes. Pour le président du CES, cette remontée des préoccupations du terrain doit permettre à l’institution et à ses partenaires de mieux identifier les difficultés auxquelles les citoyens sont confrontés et de travailler collectivement à leur résolution.

La collaboration, une condition de réussite
En définitive, Abdoulaye Bio Tchané place la collaboration au cœur de la réussite de cette nouvelle dynamique. « Sans la collaboration entre le CES et l’ensemble des autres institutions de la République, entre le CES et les autres acteurs de la société civile, entre le CES et les populations, rien ne se passera », a-t-il prévenu.
Avec le lancement des activités du Conseil départemental des Collines, le CES entend donc renforcer son ancrage territorial et rapprocher davantage l’institution des citoyens. À travers l’utilité, la proximité citoyenne, le dialogue interinstitutionnel et le rayonnement international, Abdoulaye Bio Tchané veut inscrire l’action du CES dans une dynamique où les préoccupations exprimées à la base participent davantage à l’orientation des réponses publiques.
Alassane IMOROU SANDA



