Invité de l’émission « Confidences dans le noir » animée par Aboubakar Takou sur BL TV, ce dimanche 8 novembre 2026, le député du Bloc Républicain (BR) Casimir Sossou, élu du Couffo et vice-président de la Commission des lois, s’est prononcé sur la gestion du Parlement, le nouveau Code de la route, les six premiers mois du président Romuald Wadagni et le prochain congrès de son parti.
Face au journaliste Aboubakar Takou, le député Casimir Sossou n’a éludé aucune des questions sensibles du moment : gouvernance de l’Assemblée nationale, réformes législatives, vie interne du BR et bilan du chef de l’État. En effet, à la question de savoir si le président Joseph Djogbénou gère bien l’Assemblée nationale, la réponse de l’invité est sans ambiguïté.
Pour le député du Couffo, la preuve est dans les votes. Le rapport d’activités des trois derniers mois du président de l’Assemblée nationale a été adopté à l’unanimité des députés. « Ce vote à l’unanimité témoigne de ce que la gestion est bien faite, bien appréciée par les membres du Parlement », a-t-il soutenu, décrivant Joseph Djogbénou comme un « bon père de famille » qui conduit l’institution commune avec autorité.
Vice-président de la Commission des lois, Casimir Sossou est revenu longuement sur les coulisses du vote du nouveau Code de la route, qu’il qualifie d’« historique ». « Avant les indépendances et jusqu’à nos jours, le Code de la route en vigueur au Bénin date de 1956 », a-t-il rappelé. Un texte vieux de 70 ans qui n’avait prévu ni les motos d’aujourd’hui, ni les tricycles, ni les motos électriques, ni les nouveaux types de routes dont dispose désormais le pays.
Le nouveau code, projet du Gouvernement porté devant le Parlement par le ministre des Infrastructures et des Transports, a fait l’objet d’une démarche inédite : un séminaire d’imprégnation et d’appropriation réunissant députés, cadres du ministère et associations d’usagers et de consommateurs. Résultat : 96 députés présents sur 109, un record selon l’invité. « Le président de l’Assemblée nationale lui-même a tenu à prendre part aux travaux du début jusqu’à la fin, comme participant », a insisté Casimir Sossou. « C’est rare de voir le président de l’Assemblée prendre part aux travaux en commission. Pour cette fois-ci, j’ai vu le professeur Djogbénou à la tâche, article par article, mot pour mot, parce que la vie des Béninois en dépend », a-t-il ajouté.
Le député a tenu à dissiper une confusion : « Ce n’est pas nouveau. Depuis qu’on a adopté la loi, on entend dire que c’est maintenant qu’il faut avoir le permis avant de conduire une moto. Non. Dans le Code de 1956, il était déjà dit que pour conduire une moto, il faut avoir le permis de catégorie correspondante. »
À ceux qui accusent le Parlement d’être « monocolore », l’élu du BR répond : « Nous ne sommes pas dans un Parlement monocolore. Nous avons aujourd’hui deux groupes parlementaires : le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau. L’UPR est d’obédience progressiste, pendant que le Bloc Républicain est d’obédience libérale, de droite. Nous soutenons le président, mais les approches ne sont pas les mêmes. »
Interrogé sur la réunion récente de tous les députés BR en vue du vote du budget 2027, Casimir Sossou a assumé la démarche. Chaque groupe parlementaire, explique-t-il, se réunit pour harmoniser ses positions avant les grands votes. Il s’agit, selon lui, d’une pratique normale de discipline de groupe, et non d’une remise en cause de l’indépendance du député.
Bientôt six mois de la gestion Wadagni
Bientôt six mois que le président Romuald Wadagni est installé à la tête du Bénin. Qu’est-ce qui a changé ?
Pour Casimir Sossou, la réponse tient en une formule, celle du mot d’ordre de campagne du BR : « Accélérer la dynamique ». « Le président Wadagni a été au cœur, aux côtés du président Patrice Talon, des réformes depuis dix ans. Pour toute action de réforme initiée sous le président Talon, il a été en amont, il sait la destination », a-t-il expliqué.
Le député cite son activisme diplomatique avec les voisins, les mesures sociales et surtout la nouvelle vision des pôles territoriaux de développement. « La première idée autour des pôles, c’est de sédentariser les citoyens. Le jeune du Mono qui a tout le développement chez lui n’envie plus de venir à Cotonou », a-t-il développé. « Quand votre pôle, votre région, est développée au même titre, vous n’avez plus besoin d’aller chez l’autre pour voir des infrastructures modernes, des sites touristiques, des zones de distraction. Cela promeut l’économie locale. »
Le député a salué la nomination d’un ministre-secrétaire permanent chargé de mettre en œuvre cette vision. Reprenant la citation de Chinua Achebe dans Le monde s’effondre, « Le poussin qui deviendra un coq se reconnaît dès le jour de son éclosion », l’invité a estimé que le jeune président annonçait déjà un « homme fort ». Il a aussi exhorté la jeunesse à l’espoir et à la patience : « Les balises sont posées depuis dix ans, la fondation est posée depuis dix ans, le président Romuald Wadagni vient accélérer la dynamique. »
Originaire du Couffo, comme le chef de l’État, il a tenu à préciser que « Nous sommes fiers d’avoir, pour la première fois de l’histoire, un président de la République issu de notre territoire. Mais le président Romuald Wadagni est béninois et au service de tous. Par les décisions et par les nominations, il n’y a pas eu un favoritisme particulier pour sa région. »
Les réformes du prochain congrès du BR
Le moment le plus attendu de l’émission concernait le prochain congrès du Bloc Républicain, prévu le 5 décembre, et l’avenir de son président, Abdoulaye Bio Tchané. Casimir Sossou ne s’est pas caché. Il a expliqué que « On ne change pas l’équipe qui gagne. Si l’équipe a permis d’engranger des progrès, pourquoi changer ? » Il a saisi l’occasion pour rappeler le parcours du parti sous la présidence de Bio Tchané : 38 députés en 2019, 28 en 2023, puis un rebond à 49 députés aujourd’hui, avec plusieurs maires. « Aujourd’hui, le BR n’est plus l’enfant malade d’hier », a-t-il lancé.
Le député a dévoilé les grandes réformes proposées pour ce congrès :
· Un mandat de 7 ans : alignement du mandat des instances du parti sur le mandat au niveau de la République. Le président élu le 5 décembre le serait donc pour 7 ans, contre 4 ans auparavant, pour « la stabilité et l’enracinement du parti ».
· Un Secrétariat exécutif élargi : de 9 à 15 membres. Au lieu des 6 anciens grands départements, chaque département (les 12) sera représenté, plus 2 personnalités et le président national.
· Un Bureau exécutif national élargi : les membres des bureaux des institutions compatibles avec la politique (Assemblée nationale, Conseil économique et social, entre autres) deviendront membres d’office.
· Un Bureau politique élargi : intégration des maires BR d’office, des adjoints aux maires là où le BR n’a pas le maire, des coordonnateurs communaux et des coordonnateurs de circonscription. L’objectif affiché est de faire du BR « la première force politique » du pays.
Face aux rumeurs de rébellion interne, Casimir Sossou a été catégorique : « En toute franchise, je vais vous dire qu’il n’y a pas de rébellion au sein du Bloc Républicain. » « Personne n’a manifesté une candidature pour être président du Bloc Républicain à l’heure où nous parlons », a-t-il ajouté, précisant que Barthélémy Kassa, premier vice-président de l’Assemblée nationale, n’a manifesté aucune intention d’être candidat.
Au terme de ces échanges, le député du Bloc Républicain a tenu à réaffirmer le soutien indéfectible et inconditionnel du parti au Gouvernement Wadagni.
Jean De Dieu TRINNOU









