En se rendant à Kigali pour échanger avec Paul Kagame, le nouveau chef de l’État béninois, Romuald Wadagni, adresse un message clair : l’alternance au sommet de l’État s’inscrit dans la continuité des grands partenariats stratégiques.
Cette rencontre au sommet s’inscrit dans le prolongement naturel des relations tissées depuis plusieurs années entre les deux nations. Dès 2023, alors qu’il gérait le portefeuille de l’Économie et des Finances en qualité d’envoyé spécial de Patrice Talon, Romuald Wadagni s’était déjà rendu au Rwanda pour poser les jalons d’un rapprochement renforcé. Ce déplacement s’insère dans une séquence diplomatique plus large comprenant des étapes au Nigeria et au Burkina Faso, réaffirmant la volonté de Cotonou de déployer une diplomatie régionale fondée sur la sécurité, le commerce et l’intégration.
Au-delà de l’affichage protocolaire, les entretiens entre les deux dirigeants visent à traduire la proximité politique en opportunités concrètes à travers plusieurs domaines clés :
- Numérique et gouvernance : S’inspirer du modèle rwandais en matière de digitalisation des services publics, de modernisation des infrastructures et d’innovation technologique pour les adapter au contexte béninois.
- Sécurité et coopération technique : Échanger sur les réponses stratégiques face aux défis sécuritaires régionaux et optimiser la gestion administrative.
- Devoir de mémoire : Une étape solennelle est prévue au Mémorial du génocide de Kigali, situé à Gisozi, afin d’honorer la mémoire des victimes du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.
Ce séjour sur le sol rwandais constitue un test décisif pour la diplomatie de Romuald Wadagni. Il s’agit non seulement de pérenniser l’axe Cotonou-Kigali hérité de l’administration précédente, mais également d’y insuffler une dynamique nouvelle capable d’apporter des réponses tangibles aux priorités économiques et sécuritaires des deux États.
WM



