Le gouvernement béninois veut pousser les producteurs à produire davantage, améliorer la qualité des récoltes et surtout transformer davantage au niveau local. Coton, soja, riz et anacarde sont concernés par les nouvelles primes annoncées pour les prochaines campagnes.
Le président de la Chambre nationale d’agriculture du Bénin (CNA-Bénin), Imali Hermann Djetta, a détaillé les conditions que devront remplir les acteurs des différentes filières pour pouvoir bénéficier de ces mesures incitatives.
Respecter les règles de production
Sur le terrain, les producteurs devront d’abord respecter les calendriers agricoles et les bonnes pratiques culturales. Ils devront également fournir des informations fiables concernant leurs superficies exploitées et leurs prévisions de production.
La conservation des documents permettant de justifier les activités agricoles est également recommandée. L’objectif est de renforcer la traçabilité et de disposer de données fiables sur les volumes réellement produits.
La qualité des récoltes constitue un autre critère important. Les produits devront être récoltés au moment approprié, correctement séchés et conservés dans de bonnes conditions. Les producteurs devront également veiller à limiter la présence d’impuretés et à respecter les délais réglementaires liés à l’utilisation des produits phytosanitaires.
Les ventes doivent passer par les circuits formels
La commercialisation constitue également un maillon essentiel du dispositif. Les producteurs sont encouragés à privilégier les circuits officiels, à respecter leurs engagements avec les acheteurs et à conserver les preuves de livraison et de paiement.
Cette exigence de traçabilité doit permettre de mieux suivre les produits, de sécuriser les transactions et de limiter les pratiques susceptibles de compromettre l’accès aux primes.
Le coton : une prime de 10 FCFA par kilogramme
Les nouvelles mesures sont directement liées aux performances attendues dans les différentes filières.
Pour le coton, une prime de 10 FCFA par kilogramme est prévue à condition que la production nationale dépasse 700 000 tonnes au cours de la campagne 2026-2027.
Pour les autres filières, les conditions sont liées aux capacités de transformation des unités industrielles installées au Bénin. Les objectifs annoncés sont de 450 000 tonnes pour le soja, 350 000 tonnes pour le riz et 200 000 tonnes pour l’anacarde.
Produire plus, mais surtout transformer localement
Au-delà de l’augmentation des volumes, l’État mise donc sur la transformation locale. Le président de la CNA-Bénin invite les producteurs à accroître leur production tout en donnant la priorité aux unités de transformation implantées sur le territoire national.
L’ambition est double : alimenter davantage l’industrie locale et faire en sorte que la valeur ajoutée issue des productions agricoles profite davantage à l’économie béninoise. Cette stratégie doit également favoriser la création d’emplois et renforcer la souveraineté agro-industrielle du pays.
Des séances de sensibilisation annoncées
Pour permettre aux producteurs de mieux s’approprier le dispositif, des séances de sensibilisation sont annoncées dans les différentes zones de production.
L’enjeu sera désormais de faire connaître précisément les critères aux bénéficiaires et de permettre aux producteurs de s’organiser suffisamment tôt. Car derrière ces primes, le gouvernement entend installer une nouvelle logique : produire davantage, respecter les normes, vendre dans les circuits formels et transformer au Bénin.
François d’Assise BATCHOLA



