Près de 4 millions de personnes ont été déplacées par les conflits au Sahel, dont environ 810 000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon des données relayées par l’ONU. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, cette crise humanitaire persistante interroge les résultats de la coopération militaire avec la Russie.
Le bilan des déplacements forcés dans la région aurait presque doublé depuis 2020. Le Burkina Faso compte près de 500 000 personnes ayant fui vers les pays voisins, contre 334 000 au Mali et 106 000 au Niger, selon les chiffres rapportés.
La stratégie sécuritaire russe en question
Depuis fin 2021, la Russie a renforcé sa présence militaire au Mali, d’abord à travers le groupe Wagner, puis dans le cadre de la coopération avec Africa Corps. Ce partenariat vise à soutenir les forces maliennes dans la lutte contre les groupes armés.
Cependant, la persistance des violences et des déplacements de populations soulève des questions sur les résultats de cette stratégie. Sans suffire à établir une responsabilité directe de la Russie dans l’aggravation de la crise, ces chiffres soulignent les difficultés à garantir une sécurité durable.
Une enquête de Bellingcat et de Jeune Afrique, publiée le 16 septembre 2026, documente également des frappes de drones meurtrières au Mali et les risques de victimes civiles.
L’urgence de protéger les populations
Au-delà des opérations militaires, la protection des civils, le retour des déplacés et l’accès aux services essentiels restent des enjeux majeurs. Pour des millions de personnes, l’urgence est de retrouver un logement et des conditions de vie sûres.
La crise rappelle ainsi que la réponse aux défis sécuritaires du Sahel ne peut se limiter à la coopération militaire : elle doit aussi permettre de protéger les populations et de rétablir durablement la stabilité.
François D’Assise BATCHOLA



