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Amerique

Héritage de la traite transatlantique : Une nouvelle recommandation de l’ONU ouvre la voie aux contentieux pour réparations

Le débat international sur la réparation des crimes de l’esclavage franchit un palier décisif. Dans une recommandation officielle publiée ce lundi 31 août 2026, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) de l’ONU presse les nations d’indemniser les préjudices historiques issus de la traite transatlantique. Validé la semaine dernière par les 18 experts indépendants du comité, ce texte a pour vocation de servir d’appui normatif aux revendications et recours futurs portés par les victimes et leurs ayants droit.

Une réinterprétation de la Convention de 1969

Pour fonder cette orientation, l’organe de contrôle s’est appuyé sur une relecture actualisée de la Convention internationale de 1969 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Les experts ont souligné l’obligation pour les États signataires — parmi lesquels figurent d’anciennes puissances négrières ou coloniales comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou le Portugal — de déployer des politiques d’envergure. L’objectif affiché est de restituer la dignité, la justice et l’équité aux populations d’ascendance africaine par le biais de recours sous toutes leurs formes.

Lier le drame passé aux discriminations actuelles

Cette prise de position repose sur la reconnaissance d’un lien direct entre les déportations massives d’Africains vers le continent américain du XVIᵉ au XIXᵉ siècle et les injustices d’aujourd’hui. Selon l’avocate libérienne Pela Boker-Wilson, membre du comité, les séquelles structurelles de l’esclavage continuent de nourrir les discriminations et les déséquilibres raciaux contemporains. Pour l’experte, la recherche d’une justice historique demeure indissociable du combat contre le racisme systémique moderne.

Bien qu’elle ne possède pas de force contraignante au plan juridique, cette recommandation constitue un instrument d’interprétation du droit international d’une grande valeur symbolique et juridique. Elle fournit désormais un cadre d’argumentation inédit pour d’éventuels procès ou arbitrages internationaux visant la réparation des préjudices causés par l’esclavage.

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