Le Bénin améliore son positionnement dans le classement africain de la gouvernance. Selon l’édition 2026 de l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG), publiée le 31 octobre dernier par la Fondation Mo Ibrahim, le pays se hisse au 12e rang sur 54 États africains, avec un score de 60,1 points sur 100. Une performance supérieure à la moyenne continentale, établie à 50,1 points, et à celle de l’Afrique de l’Ouest, qui s’élève à 52,9 points.
Cette progression traduit une amélioration de la gouvernance globale du pays. En 2024, le Bénin occupait la 13e place du classement. Sur la période 2016-2025, il enregistre un gain de 2,6 points, ce qui lui permet de retrouver le groupe des pays engagés dans une dynamique d’accélération de l’amélioration de la gouvernance.
Des performances remarquables sur le plan économique
C’est principalement dans le domaine des opportunités économiques que le Bénin se distingue. Sur la décennie étudiée, le pays réalise une progression de 12,3 points, soit la plus importante enregistrée sur le continent dans cette catégorie.
Il occupe notamment la première place africaine en matière de qualité de l’environnement des affaires et du travail, avec une amélioration de 12,8 points. Cette performance repose essentiellement sur les avancées enregistrées dans les infrastructures, qui progressent de 16,7 points, et dans l’administration publique, avec un gain de 14,6 points.
Le Bénin se positionne également au deuxième rang continental pour l’intégration régionale et au troisième rang pour la gestion budgétaire et financière. À ces résultats s’ajoute une baisse de l’exposition réelle à la corruption. Le pays conserve ainsi la cinquième place africaine en matière d’efficacité de la lutte contre la corruption, selon un rapport thématique de la Fondation publié en juillet 2026.
Des fragilités persistantes sur le terrain démocratique
Malgré ces avancées économiques et administratives, le rapport relève des insuffisances importantes dans les domaines de la participation citoyenne et des libertés politiques.
Sur la période 2016-2025, la participation démocratique au Bénin connaît une baisse de 18,6 points. La situation est particulièrement préoccupante au niveau de la composante relative aux élections démocratiques, qui enregistre un recul de 36,3 points.
Le rapport signale également une dégradation de 27,7 points concernant les dispositifs institutionnels de lutte contre la corruption, selon les critères retenus par l’indice.
Au final, l’édition 2026 de l’Indice Ibrahim présente un Bénin à deux visages : d’un côté, des progrès significatifs en matière de développement économique, de gestion publique et d’environnement des affaires ; de l’autre, des défis persistants en matière de participation démocratique et de fonctionnement des institutions. Un contraste qui rappelle que la qualité de la gouvernance ne se mesure pas uniquement à l’aune des performances économiques.
A. IMOROU SANDA










