Un tournant politique majeur se profile en Israël. Après des élections législatives sans vainqueur clair, le président Isaac Herzog s’apprête à confier officiellement, ce dimanche 8 novembre 2026, la lourde tâche de former le prochain gouvernement à Gadi Eisenkot. L’ancien chef d’état-major, figure de l’opposition, se voit ainsi ouvrir les portes du pouvoir, tandis que l’ère Benyamin Netanyahu semble marquer le pas.
Le communiqué de la présidence israélienne, publié dans la soirée du 6 novembre, ne laisse place à aucun doute. Isaac Herzog a convié Gadi Eisenkot à la résidence présidentielle pour lui remettre, à 17 heures (heure locale), le mandat officiel de formation du gouvernement. Le leader du parti Yashar, qui a su rallier six chefs de partis à sa cause, a donc reçu le premier feu vert présidentiel.
Cette décision sonne comme un désaveu pour le Likoud de Benyamin Netanyahu. Les législatives du 27 octobre dernier n’avaient en effet dégagé aucune majorité évidente. Fort d’un soutien de 67 recommandations, Gadi Eisenkot dispose désormais d’un compte à rebours de 28 jours, prolongeable de deux semaines, pour bâtir une coalition viable.
Un parcours semé d’embûches
Si Benyamin Netanyahu se retrouve mathématiquement isolé, notamment abandonné par les ultra-orthodoxes ashkénazes, la tâche de son rival s’annonce pourtant ardue. Gadi Eisenkot devra réaliser un véritable numéro d’équilibriste politique : concilier les exigences des listes arabes, devenues incontournables, avec celles d’une droite laïque menée par Avigdor Liberman, qui pourrait être tentée par une alliance avec les religieux.
Dans un message publié sur le réseau social X, Gadi Eisenkot a affiché sa détermination : « Le moment est venu de former un gouvernement d’urgence nationale. Je ferai tout pour que nous soyons à la hauteur. »
Le « bloc du désastre » face à l’union nationale
Face à ce qu’il qualifie déjà de « bloc du désastre », le Likoud, le parti du Premier ministre sortant, appelle de ses vœux une union nationale. Une perspective que le camp anti-Netanyahu rejette catégoriquement, laissant présager des négociations complexes pour le futur locataire de la résidence présidentielle.









