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Société

Madagascar/Nosy Be : Des avocats sous pression après des verdicts dans des litiges fonciers

À Madagascar, cinq avocats exerçant sur l’île de Nosy Be, dans le nord-ouest du pays, font l’objet de menaces et d’intimidations depuis plusieurs semaines. Les pressions, notamment relayées sur les réseaux sociaux, seraient liées à des décisions de justice concernant des conflits autour de la propriété des terres.

Face à cette situation, l’Ordre des avocats de Madagascar est sorti de son silence. Son président, Ferdinand Ranary Rakotoarisoa, dénonce des publications susceptibles de mettre en danger la sécurité des avocats et de compromettre leur indépendance professionnelle. Il rappelle que toute contestation d’une décision judiciaire doit passer par les procédures légales, et non par des menaces ou des actes d’intimidation.

Ces tensions mettent en lumière les difficultés liées à l’accès à la terre à Nosy Be, une île particulièrement prisée pour ses activités touristiques. Les conflits fonciers y sont récurrents et concernent notamment des habitants qui peinent à faire reconnaître leurs droits de propriété.

Selon Mamy Rakotondrainibe, présidente du Collectif Tany, qui milite pour la protection des terres malgaches, les petits agriculteurs et les propriétaires dépourvus de documents fonciers officiels sont particulièrement vulnérables face aux risques d’accaparement des terres. Elle souligne également que certains acteurs locaux pourraient intervenir dans ces opérations, parfois en lien avec des investisseurs étrangers.

Pour remédier à cette situation, le Collectif Tany préconise la création d’une juridiction spécialisée dans les conflits fonciers. Cette structure disposerait de magistrats et d’enquêteurs dédiés au traitement de ces dossiers.

Au-delà des menaces contre les avocats, cette affaire relance le débat sur la confiance accordée à la justice et à l’administration foncière malgaches, dont le fonctionnement fait régulièrement l’objet de critiques. Elle soulève surtout la question de la protection des citoyens et de leur capacité à défendre légalement leurs droits sur les terres.

Moubarak ALI YERIMA

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