L’étau se desserre autour de Léré, localité stratégique de la région de Tombouctou située à proximité de la frontière mauritanienne. Ce lundi 31 août 2026, au terme d’un mois d’intenses concertations, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, a accepté d’interrompre le siège d’un an qu’il imposait à la cité. L’accès effectif à la commune devrait intervenir d’ici trois à quatre jours, le temps pour les éléments armés de procéder au déminage des axes routiers environnants.
Une initiative citoyenne face au spectre de la famine
Imposé depuis octobre 2025, ce blocus avait plongé la population dans une détresse humanitaire absolue, caractérisée par une pénurie généralisée de vivre et de biens essentiels. Face à une dégradation intolérable et à la menace d’une famine massive, la démarche de médiation a été initiée par les chefs traditionnels et les notables communautaires de Léré. Les discussions ont ensuite associé le commandement militaire local et la gouvernance régionale de Tombouctou pour parvenir à un compromis acceptable par les parties.
Une réplique aux exactions armées et l’espoir d’un retour à la normale
La fermeture hermétique de la ville par le Jnim était considérée par les observateurs comme une opération de représailles collectives. Elle faisait suite aux multiples bavures attribuées à l’armée malienne et aux éléments du groupe paramilitaire russe Wagner (désormais Africa Corps) à l’encontre de la population civile, incluant assassinats de bergers, pillages et destructions. Dans le cadre du nouvel accord, perçu comme temporaire par le groupe armed, chaque partie s’est engagée à stopper les exactions envers les habitants, tandis qu’une commission de suivi sous la supervision du gouvernorat veillera à la pérennité du pacte.
Bien qu’aucune communication officielle n’ait été émise par Bamako ou par les insurgés, cet accord suscite un immense espoir. Il devrait permettre la réouverture d’un carrefour commercial important pour le fret et le transport de voyageurs, tout en favorisant le retour des milliers de réfugiés ayant fui les privations pour s’abriter en Mauritanie voisine.
WM



