L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été inculpé et placé en détention le 1er août, accusé notamment « d’atteinte au crédit de l’État » et « d’opposition à l’autorité légitime ». En cause : un message publié sur X le 4 juillet, dans lequel il exprimait son soutien à plusieurs opposants récemment emprisonnés pour avoir critiqué la junte, dont Ras Bath, Ben le Cerveau et Rose Vie Chère.
Dans son message daté du 4 juillet, Moussa Mara écrivait : « Aussi longtemps que dure la nuit, le soleil finira évidemment par apparaître ! Et nous nous battrons par tous les moyens pour que cela arrive, et le plus tôt possible ! » Un message qui lui vaut aujourd’hui d’être lui-même détenu à la Maison centrale d’arrêt de Bamako, en attente de son procès prévu le 29 septembre. Figure modérée mais influente de l’opposition civile, Moussa Mara s’était imposé ces derniers mois comme l’un des derniers responsables politiques à oser critiquer la junte, tout en évitant l’affrontement direct. Prônant un discours mesuré et des recommandations constructives, il restait pourtant l’une des rares voix à encore se faire entendre, au Mali comme à l’étranger, où il était régulièrement invité à intervenir sur la situation politique dans le Sahel. Très actif sur les réseaux sociaux, il bénéficiait d’une audience croissante auprès de la jeunesse malienne.
Avec cette arrestation, la junte d’Assimi Goïta poursuit son entreprise de mise au pas de l’opposition, après avoir déjà poussé nombre de ses figures à l’exil ou au silence. Un climat de plus en plus répressif qui ne laisse guère de place à la contestation politique au Mali.