
Parturiente décédée à Porto-Novo : la Cour d'appel réduit la peine des praticiens

Parturiente décédée à Porto-Novo : la Cour d’appel réduit la peine des praticiens
La Cour d’appel a rendu, le 21 avril 2026, sa décision dans une affaire qui a profondément marqué l’opinion publique béninoise. Impliqués dans le décès de Rebecca Dossou, une parturiente de 33 ans, une gynécologue et deux médecins en spécialisation ont vu leurs peines revues à la baisse. Initialement condamnés à des sanctions plus lourdes en première instance, ils écopent désormais de 24 mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme.
Si la juridiction a allégé la part privative de liberté, elle a toutefois maintenu les sanctions financières. Chaque prévenu devra s’acquitter d’une amende de 200 000 francs CFA et verser, conjointement, 5 millions de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de la victime.
Un drame à l’origine d’une vive indignation
Les faits remontent à décembre 2025. Rebecca Dossou, enceinte de son deuxième enfant, avait été admise au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé pour une césarienne programmée. Elle est décédée à la suite de l’intervention, dans des circonstances rapidement qualifiées de négligence médicale présumée.
L’affaire a pris une ampleur nationale après la diffusion sur les réseaux sociaux du témoignage de son conjoint, suscitant une vague d’indignation et accélérant l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Une procédure judiciaire scrutée
En mars 2026, le tribunal de première instance de Porto-Novo avait reconnu trois agents de santé coupables d’homicide involontaire. Un quatrième prévenu avait été relaxé des faits de non-assistance à personne en danger.
La décision rendue en appel, en réduisant la durée effective d’emprisonnement, relance aujourd’hui les discussions sur la réponse judiciaire face aux erreurs médicales. Elle pose notamment la question de l’équilibre entre sanction et reconnaissance des contraintes du milieu hospitalier.
Du côté de la famille de la victime, la réaction reste mesurée. Le compagnon de Rebecca Dossou évoque néanmoins une avancée symbolique, estimant que ce verdict démontre qu’il est possible d’obtenir justice dans des affaires de négligence médicale, souvent perçues comme difficiles à faire aboutir.
Un débat plus large sur le système de santé
Au-delà du cas individuel, cette affaire a mis en lumière des dysfonctionnements plus larges au sein du système hospitalier béninois. Elle a également provoqué une mobilisation des étudiants en médecine, qui avaient suspendu leurs stages après la première condamnation. Ces derniers dénonçaient notamment un manque de protection et une insuffisance de clarification des responsabilités au sein des équipes médicales.
La décision de la Cour d’appel intervient ainsi dans un contexte de fortes attentes en matière de qualité des soins. Elle ravive les interrogations sur la responsabilisation des professionnels de santé, tout en soulignant les défis structurels auxquels fait face le système sanitaire public au Bénin.


