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Politique

Réforme territoriale : ce que les 6 pôles de développement des territoires induiront

Quatre mois après son élection, le président Romuald Wadagni passe aux actes. La réforme sur le développement des pôles territoriaux, engagement phare de son projet de société « Plus loin, ensemble », a été présentée le mercredi 23 septembre 2026 aux préfets et aux maires des 77 communes du Bénin. Une rencontre qui marque le coup d’envoi d’une profonde reconfiguration de l’action publique territoriale.

Trois priorités majeures pour une gouvernance de proximité
La réforme s’articule autour de trois priorités majeures : réduire l’extrême pauvreté, développer le capital humain et créer davantage de richesse à la base. Des objectifs qui traduisent une ambition claire : renforcer l’efficacité de l’action publique et accélérer le développement au plus près des populations.
La nouvelle organisation repose sur des pôles territoriaux placés sous la responsabilité de Délégués généraux. Ces derniers auront notamment pour mission d’assurer un suivi rapproché des réalités locales et de veiller à l’effectivité des programmes au profit des agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs et autres populations vulnérables. Leurs performances seront appréciées à partir de critères précis.

Six pôles régionaux pour structurer le développement
Dans son projet de société présenté le 21 mars 2026, le candidat Wadagni avait promis la mise en place d’une nouvelle dynamique de l’action publique répartie autour de six pôles régionaux de développement. L’idée était de revenir aux anciens départements, mais avec de nouvelles structurations : Atacora-Donga, Borgou-Alibori, Zou-Collines, Ouémé-Plateau et Atlantique-Littoral. « Nous allons instaurer des autorités pour chacune de ces six grandes régions », avait-il annoncé.
L’ambition affichée est de doter chaque région d’un plan spécifique de développement, en s’appuyant sur son écosystème, ses atouts et ses savoir-faire. « Chaque pôle sera organisé autour de 4 composantes : 3 composantes communes et 1 composante spécifique aux atouts du territoire, appuyées par un socle commun visant à faciliter et accélérer l’atteinte des objectifs », détaille le projet de société.

Une présence renforcée de l’État dans les territoires
Lors de la rencontre, le chef de l’État a évoqué la nécessité d’une présence plus forte de l’État et des cadres dans les territoires. Concrètement, les délégués généraux devront résider dans leurs pôles, aller régulièrement sur le terrain et rendre compte des difficultés comme des progrès enregistrés à la hiérarchie.
Cette proximité doit contribuer à renforcer la sécurité en s’attaquant aux vulnérabilités susceptibles d’exposer les jeunes à l’influence d’organisations criminelles ou armées. Romuald Wadagni a lancé un appel aux cadres occupant de hautes fonctions à s’intéresser désormais à leurs régions et villages d’origine et à contribuer à leur développement.

Une tolérance zéro pour changer les comportements
Ce développement pensé nécessite, selon le président Wadagni, un changement des comportements. Le chef de l’État a invité les premiers acteurs des collectivités territoriales à instaurer une forme de « tolérance zéro » face à l’insalubrité, aux déchets, à l’indiscipline et au non-respect des règles élémentaires de vie collective.
« Si nous souhaitons opérer le développement profond à la base, nous devons même dans nos aptitudes quotidiennes remettre en cause un certain nombre de choses. En repartant d’ici, mesdames et messieurs les maires, les préfets, vous prenez l’engagement personnel de dire ce que mes yeux voient qui constituent des freins, je ne le laisse plus passer. Il faut de la pédagogie. Pas de violences », a insisté le chef de l’État.

Un impact direct sur le quotidien des populations
L’ambition affichée par le gouvernement est de « faire de chaque commune un espace propre, organisé et attractif, notamment grâce à l’amélioration des entrées de villes et des espaces publics ».
Concrètement, cette réforme devrait induire plusieurs changements majeurs. D’abord, une meilleure coordination des interventions publiques à l’échelle régionale, avec des plans de développement adaptés aux réalités locales. Ensuite, un suivi plus rigoureux des programmes et une reddition des comptes systématique. Enfin, une implication accrue des cadres et des élites locales dans le développement de leurs territoires d’origine.
La cérémonie de présentation qui a réuni le président de l’Assemblée nationale, les membres du Conseil économique et social, les préfets, les maires des 77 communes ainsi que les membres du gouvernement, témoigne de l’importance accordée à cette réforme, présentée comme un concept central du programme gouvernemental des sept prochaines années.
Reste désormais à transformer cette vision en résultats concrets sur le terrain. Le pari est ambitieux, mais l’engagement semble total.

AY

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