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Politique

Wadagni et le génie des pôles de développement : GBADAMASSI EN BON EXPERT

Quelques jours après la présentation aux responsables territoriaux de la réforme portant création des pôles de développement régional, le débat autour de cette nouvelle approche de l’action publique s’intensifie au Bénin. Pour le ministre conseiller à la défense et à la sécurité, Rachidi Gbadamassi, cette réforme marque une nouvelle étape dans le processus de développement du pays. Invité à se prononcer sur cette initiative, l’ancien maire et ancien président de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) a présenté une explication des enjeux de cette territorialisation du développement.

Pour Rachidi Gbadamassi, les pôles de développement régional ne constituent ni un effet de mode ni une simple opération de communication. Ils traduisent, selon lui, une volonté de rapprocher davantage l’action publique des populations et de valoriser les potentialités propres à chaque territoire.

« Les pôles de développement régional, c’est le cadre institutionnel d’un développement territorial réel à partir d’une valorisation productive des ressources territoriales », explique-t-il.

« Agir sur l’humain pour réduire la pauvreté »

Dans son analyse, Rachidi Gbadamassi situe cette réforme dans la continuité des actions engagées sous l’ancien président Patrice Talon et désormais poursuivies sous la présidence de Romuald Wadagni.

Il estime que les infrastructures constituent une première étape du développement. Routes, marchés, énergie, infrastructures sanitaires, sportives et éducatives auraient, selon lui, permis de poser les fondations nécessaires à une nouvelle phase de l’action publique.

« Les fondations sont déjà posées, bien solides », affirme-t-il, avant d’identifier le prochain défi : « agir sur l’humain où qu’ils vivent, en campagne comme en ville, même dans les hameaux les plus lointains du pays ».

Pour le ministre conseiller, cette nouvelle orientation doit permettre de faire du développement un processus davantage ancré dans les réalités locales. L’objectif affiché est de rapprocher les opportunités économiques des populations, en tenant compte des spécificités et des ressources de chaque région.

Gbadamassi revendique son expertise des questions territoriales

Intervenant sur une réforme qui touche directement à l’organisation territoriale, Rachidi Gbadamassi rappelle son expérience dans le domaine de la décentralisation.

« Quand on parle des réformes territoriales, c’est mon marigot », lance-t-il. L’ancien maire rappelle avoir été l’un des premiers maires de la décentralisation au Bénin et avoir exercé deux mandats à la tête de l’Association nationale des communes du Bénin.

Cette expérience lui sert de point d’appui pour analyser la nouvelle réforme. Selon lui, la territorialisation du développement doit désormais permettre de franchir une nouvelle étape : passer d’une logique d’investissements structurants à une logique de création de richesse directement connectée aux potentialités locales.

Agriculture, industrie et emploi au cœur du dispositif

Pour expliquer les effets attendus des pôles de développement régional, Gbadamassi met notamment en avant l’agriculture.

Il évoque les mesures de soutien à la production agricole prises récemment en Conseil des ministres et estime que chaque région doit pouvoir développer les filières correspondant à ses potentialités.

« Plus de production agricole signifie plus de richesse pour les agriculteurs dans la région, parce qu’il faut créer la richesse pour créer l’emploi », souligne-t-il.

Mais la production agricole ne constituerait que le premier maillon de la chaîne. L’implantation d’unités industrielles destinées à transformer les productions locales doit, selon lui, permettre de construire de véritables chaînes de valeur régionales.

Cette dynamique devrait, dans son analyse, favoriser la création d’emplois pour les jeunes et contribuer à accroître la richesse produite localement.

Kandi comme illustration d’une vision régionale

Le ministre conseiller cite également le tourisme comme l’un des leviers susceptibles de donner un contenu concret aux pôles de développement.

Il revient notamment sur une intervention de Romuald Wadagni, alors candidat à la présidentielle, le 28 mars 2026, au cours de laquelle celui-ci avait évoqué le potentiel touristique de Kandi et sa capacité à devenir une destination régionale.

Pour Gbadamassi, cette vision illustre la logique des pôles de développement : faire de chaque territoire un espace capable de valoriser ses propres atouts et d’attirer des activités économiques.

« Ce qui commence est la mise en œuvre d’une vision et non d’une flatterie ou d’un simple effet de mode », soutient-il.

Le numérique comme nouveau levier

Autre secteur mis en avant : l’innovation.

Dans un contexte marqué par la transformation numérique de l’économie, Gbadamassi estime que les régions disposent de nombreux talents susceptibles d’être davantage valorisés.

Les pôles de développement régional pourraient ainsi favoriser l’émergence de start-up locales, soutenir l’artisanat et permettre aux jeunes talents de développer des solutions adaptées aux réalités de leurs territoires.

L’ambition serait également de mieux connecter les différentes régions et de donner davantage de visibilité aux compétences locales dans le domaine du numérique.

« Ce qui commence, c’est du lourd »

Au terme de son intervention, Rachidi Gbadamassi présente donc les pôles de développement régional comme un changement d’échelle dans l’intervention publique.

Pour lui, la réforme doit permettre de passer d’un développement principalement centré sur les infrastructures à une dynamique davantage orientée vers la production, la transformation, l’emploi, l’innovation et la valorisation des ressources locales.

« Ce qui commence, c’est du lourd, c’est du très structuré. Ce n’est pas une ambition factice, c’est le développement pensé à partir des territoires », conclut-il.

À travers cette lecture, l’ancien responsable communal et ancien président de l’ANCB se positionne ainsi en défenseur d’une approche territoriale du développement, dont les résultats devront désormais être appréciés à l’épreuve de sa mise en œuvre dans les différentes régions du Bénin.

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