Le premier Conseil des ministres sous la présidence de Romuald Wadagni accouche d’une décision majeure. Réuni ce mercredi 4 novembre 2026 au Palais de la Marina, le Gouvernement a décidé de la création du Fonds de développement industriel du Bénin (FDIB), doté d’un capital de 100 milliards F CFA. L’objectif est d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale.
L’exécutif rappelle que la dynamique d’industrialisation a déjà produit des résultats tangibles, avec l’émergence de filières qui n’existaient pas il y a cinq ans : la chaîne textile-habillement qui transforme désormais le coton béninois sur place à Glo-Djigbé, ou encore la production de carreaux de céramique. Mais le constat est que l’effort reste concentré et que les entreprises peinent à atteindre une taille critique pour affronter la concurrence régionale et internationale. Le nouveau Fonds doit donc permettre d’élargir le tissu industriel, tant en nombre de filières qu’en couverture géographique.
Trois guichets pour trois problèmes
Pour le Gouvernement, le Fonds ne sera pas un simple guichet de plus. Il se veut un instrument financier dédié, capable de répondre à trois blocages majeurs des industriels : le manque de fonds propres, l’accès difficile au crédit long et le délai trop long d’implantation.
Il s’articulera autour de trois guichets aux métiers distincts mais coordonnés :
- Bénin Industrial Invest (BII) : Il apportera aux entreprises industrielles nationales des fonds propres et quasi-fonds propres de long terme, pour leur permettre de porter des projets structurants dont le retour sur investissement dépasse l’horizon du crédit bancaire classique.
- Facilité de Garantie Industrielle (FGI) : Ce guichet vise à desserrer la contrainte de crédit. Il partagera avec les banques et les sociétés de crédit-bail le risque des concours de long terme, du crédit-bail d’équipement et du financement des exportations.
- Usines Prêtes à l’Emploi (UPE) : C’est le volet le plus concret pour les investisseurs. Il s’agit de déployer un programme national d’usines clés en main, réparties sur les pôles territoriaux de développement, au plus près des bassins de production de matières premières. L’objectif : réduire drastiquement le délai d’implantation.
Faire émerger des champions nationaux
Au-delà de ces outils, le Gouvernement affiche une ambition plus grande. Celle de faire émerger une classe d’entreprises industrielles nationales de taille significative, de dimension internationale, capables de s’intégrer aux chaînes de valeur régionales et mondiales et de « porter le nom du Bénin sur les marchés internationaux ».
Pour en garantir l’efficacité, le Conseil a précisé que le Fonds sera doté d’une gouvernance conforme aux meilleures pratiques internationales en matière de fonds publics d’investissement.
Les statuts de la société qui portera le Fonds ont été approuvés. Les ministres chargés de l’Économie et des Finances, de l’Industrie et de la Promotion de l’Investissement privé sont instruits pour sa formalisation et son opérationnalisation rapides.
Jean De Dieu TRINNOU









