Trois ans après la découverte du corps de cette Béninoise de 44 ans dans un appartement à Grigny, son ancien compagnon a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle. Un second homme, reconnu coupable d’avoir participé à la dissimulation du crime, écope de trois ans d’emprisonnement.
Le verdict est tombé le jeudi 5 novembre 2026 devant la cour d’assises de l’Essonne, en France. Yacine A., âgé de 50 ans, a été condamné à 28 ans de réclusion criminelle pour le meurtre aggravé de sa compagne, Armale Aïvohozin, surnommée « Deo ». La peine est assortie d’une période de sûreté des deux tiers.
L’affaire remonte à juillet 2023. Le corps de la victime, âgée de 44 ans et mère de trois enfants, avait été découvert dans un congélateur, au domicile de son compagnon, situé au-dessus d’une boucherie dans le quartier de la Grande Borne, à Grigny. La découverte avait suscité une vive émotion, notamment au sein de la communauté béninoise en France.
Une disparition suivie d’une découverte macabre
Accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), Armale Aïvohozin vivait en France et élevait seule ses trois enfants. Selon les éléments présentés au procès, elle souhaitait mettre fin à sa relation avec Yacine A., un boucher de 50 ans. Le 20 juillet 2023, elle s’était rendue à son domicile pour une rencontre.
Après cette visite, elle n’avait plus donné de nouvelles. Inquiet, son fils aîné était retourné sur les lieux le lendemain. Face aux explications de Yacine A., qu’il jugeait peu convaincantes, il avait alerté la police.
Les recherches ont finalement conduit les enquêteurs à inspecter un congélateur dans le logement. Le corps de la victime y était dissimulé dans un sac-poubelle, sous des tissus et des couvertures. L’autopsie a révélé deux blessures par balle, à la tête et au thorax.
Des versions contradictoires au procès
Au cours de l’enquête, Yacine A. a reconnu qu’un premier coup de feu était parti de son fait, tout en contestant sa responsabilité dans le second. Il avait d’abord évoqué un tir accidentel, avant de mettre en cause d’autres personnes. Une amie qu’il avait initialement désignée avait bénéficié d’un non-lieu. À l’audience, il a ensuite accusé Rachid A. d’avoir tiré le second coup de feu. La cour n’a toutefois pas retenu cette version pour l’exonérer de sa responsabilité.
Le témoignage du fils aîné de la victime, Mohamed, âgé de 27 ans, a marqué les débats. Il a décrit sa mère comme une femme « solaire, joyeuse, toujours là pour les gens », qui avait consacré sa vie à ses enfants.
« Ceux qui sont condamnés à perpétuité, c’est nous en fait. Ma mère, je ne la reverrai jamais », a-t-il déclaré à la barre.
Un second homme condamné pour dissimulation
Le ministère public avait requis 30 ans de réclusion criminelle contre Yacine A., estimant qu’il avait tiré à deux reprises sur sa compagne avant de dissimuler son corps. La cour a finalement prononcé une peine de 28 ans.
Rachid A., âgé d’une soixantaine d’années, a également été condamné pour avoir participé à la dissimulation du crime. Il écope de trois ans d’emprisonnement, dont 21 mois avec sursis. Les 15 mois fermes devront être exécutés sous bracelet électronique. La cour a notamment tenu compte de troubles psychiques ayant altéré son discernement et ordonné une prise en charge médicale.
Par ailleurs, le fils de Yacine A. devra être jugé séparément devant la juridiction pour mineurs pour des faits liés à la modification de la scène de crime.
À l’annonce du verdict, les proches d’Armale Aïvohozin, présents à l’audience avec des tee-shirts blancs portant son portrait, ont accueilli la décision avec émotion. Leur avocate, Me Solène Debarre, a indiqué que les parties civiles étaient satisfaites et estimaient que justice avait été rendue.
Trois ans après la découverte du corps de cette mère de famille, la condamnation de son ancien compagnon marque une étape judiciaire importante pour ses proches.
François D’Assise BATCHOLA










