*’Amérique franchit un cap Première femme noire gouverneure, premier sénateur gay, premier musulman…
Les élections de mi-mandat qui se sont tenues ce mardi 3 novembre 2026 resteront gravées dans les annales de l’histoire politique américaine. Loin d’être un simple scrutin de mi-parcours, ce rendez-vous électoral a accouché d’une série de victoires inédites, portant aux plus hautes responsabilités des profils longtemps exclus des cercles de pouvoir selon France 24. Tour d’horizon de ces élections qui redessinent la représentation politique aux États-Unis.
Hakeem Jeffries, le futur visage du Congrès
La grande nouvelle de la soirée est venue de la Chambre des représentants. Avec la victoire de son parti, le démocrate Hakeem Jeffries, actuel chef de la minorité, s’apprête à prendre le perchoir. Il deviendra ainsi le premier Afro-Américain à présider cette institution. Il a d’ores et déjà promis de traquer les responsables politiques qu’il accuse de « corruption sans précédent », martelant devant ses partisans : « Nous allons demander des comptes. »
Keisha Lance Bottoms, une première en Géorgie
Du côté de la Géorgie, l’histoire s’écrit également avec l’élection de la démocrate Keisha Lance Bottoms au poste de gouverneure. L’ancienne maire d’Atlanta devient la première femme noire à diriger cet État, et la première personne issue d’une minorité à accéder à cette fonction, succédant à 83 gouverneurs blancs. Elle a battu le républicain Rick Jackson, un milliardaire de l’assurance. Sur son site de campagne, elle met en avant ses racines, se présentant comme la descendante d’une famille d’esclaves d’une plantation géorgienne.
Deb Haaland, la voix des peuples autochtones
Au Nouveau-Mexique, la démocrate Deb Haaland a été élue gouverneure, devenant la première femme amérindienne à diriger un État américain. À 65 ans, cette membre de la communauté Laguna Pueblo avait déjà marqué l’histoire en prenant la tête du ministère de l’Intérieur sous l’administration Biden. Elle a battu le républicain Gregg Hull. Figure montante de la politique depuis 2018, elle incarne l’ascension des élues progressistes.
Chris Pappas, une première au Sénat
Dans le New Hampshire, le démocrate Chris Pappas a remporté le siège de sénateur, devenant le premier homme ouvertement homosexuel à siéger dans cette chambre. Âgé de 46 ans, cet issu d’une famille gréco-américaine connue pour ses restaurants a battu le républicain John Sununu. Il conserve ainsi le siège pour les démocrates et s’est illustré par son soutien à l’Equality Act.
Des basculements historiques dans les bastions républicains
La soirée a également été marquée par des surprises dans des territoires réputés conservateurs. Au Kansas, le démocrate Adam Hamilton, un pasteur à la tête d’une méga-église, a été élu sénateur, une première depuis 1932. Au Texas, le jeune démocrate James Talarico, 37 ans, a créé la sensation en remportant le siège de sénateur, faisant basculer à gauche un bastion républicain où Donald Trump avait gagné avec 14 points d’avance en 2024. Dans cet État, l’avocate Gina Hinojosa a également battu le gouverneur sortant Greg Abbott, devenant la première gouverneure d’origine latino-américaine.
Byron Donalds et Abdul El-Sayed : les autres visages de la diversité
Chez les républicains, Byron Donalds est devenu le premier gouverneur noir de Floride, succédant à Ron DeSantis. Enfin, dans le Michigan, Abdul El-Sayed a été élu sénateur, devenant le premier musulman à siéger à la chambre haute. Critique virulent du soutien américain à Israël, il a été la cible d’attaques de Donald Trump, qui l’a accusé de sympathies terroristes.
Xavier Becerra en Californie
En Californie, le démocrate Xavier Becerra a remporté le poste de gouverneur, devenant le premier candidat d’origine latino-américaine à diriger l’État le plus peuplé du pays.
Ces résultats, qui consacrent une nouvelle génération d’élus, témoignent d’une évolution profonde de l’électorat américain et de la représentation politique au plus haut niveau de l’État.
WM










