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Paris en ligne : Lula dénonce un « cancer » et protège les ménages

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a signé, vendredi 25 septembre 2026, une mesure provisoire mettant fin aux paris à cote fixe et aux jeux en ligne au Brésil. La décision intervient à neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle, prévu le 4 octobre.
La mesure interdit l’exploitation, l’offre, l’intermédiation et la publicité des plateformes de paris, communément appelées « bets » au Brésil. Les nouveaux dépôts sont interdits depuis la publication du texte. Les utilisateurs disposent jusqu’au 5 octobre à 23h59 pour retirer volontairement leur solde. À partir du 6 octobre, les sites et applications concernés devront être mis hors ligne.

Les modalités de remboursement
Les opérateurs devront ensuite transmettre aux banques les informations relatives aux sommes restant sur les comptes des utilisateurs. Leur remboursement est prévu entre le 9 et le 14 octobre, avec une intervention possible de la Caixa Econômica Federal en cas de difficulté.

Le gouvernement invoque les risques liés à l’addiction
Pour justifier cette décision, Lula a dénoncé les conséquences sociales et financières liées à l’essor des paris en ligne. Le président brésilien a qualifié le phénomène de « cancer » et défendu une mesure qu’il estime nécessaire pour lutter contre l’endettement et la dépendance au jeu.
Selon une étude du Comité national des secrétaires d’État aux Finances (Comsefaz), réalisée avec le Centre international Celso Furtado, les ménages brésiliens auraient enregistré 62,5 milliards de réais de pertes nettes liées aux paris en 2025. Ce chiffre correspond à la différence entre les sommes engagées par les joueurs et les gains reversés.

Un marché légal désormais menacé
Cette décision marque un changement important dans la politique brésilienne à l’égard des paris. L’activité, légalisée en 2018 pour les paris sportifs, avait ensuite été élargie et encadrée par une loi adoptée en 2023. Depuis janvier 2025, les opérateurs devaient notamment obtenir une autorisation du ministère des Finances pour exercer légalement à l’échelle nationale.
Le texte signé par Lula est toutefois une mesure provisoire. Il doit encore être examiné par le Congrès brésilien. Sans transformation en loi dans le délai prévu, elle perdra sa validité.

Le football brésilien directement touché
Le secteur du football est également concerné. Les entreprises de paris sont devenues des sponsors importants de plusieurs clubs professionnels. Selon des recensements publiés avant et après l’annonce, entre 13 et 14 des 20 clubs de Série A disposaient d’un opérateur de paris comme sponsor principal.
La suppression de ces contrats pourrait donc avoir des conséquences financières importantes pour les clubs concernés, alors que le marché des paris avait progressivement pris une place majeure dans le financement et le sponsoring du football brésilien.

Un contexte électoral sensible
La mesure intervient enfin dans un contexte électoral sensible. Des responsables de l’opposition, notamment Flávio Bolsonaro, ont contesté la décision et l’ont présentée comme liée à la campagne présidentielle. Cette interprétation relève toutefois de leur position politique et ne permet pas, à elle seule, d’établir un lien de causalité.

François d’Assise BATCHOLA

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