Lors de la rencontre consacrée à la création des pôles de développement territorial, le Président de la République, Romuald Wadagni, a recadré les priorités de la gouvernance locale avec une franchise marquante. Éloigné du jargon technocratique habituel, le chef de l’Exécutif a rappelé une vérité fondamentale : aucun projet structurant ne peut porter ses fruits sans une transformation profonde des comportements individuels et collectifs. À travers la formule choc « On peut être pauvre, mais propre sur soi », Romuald Wadagni pose les bases d’une philosophie où l’éthique de la responsabilité locale conditionne le progrès national.
Une rupture avec le développement « par le haut »
La vision traditionnelle de l’essor économique privilégie les grands investissements, les infrastructures lourdes et les réformes macroéconomiques. Si ces leviers restent indispensables, le président Wadagni insiste sur un frein beaucoup plus insidieux : le lâcher-prise civique et la passivité face à la dégradation de notre cadre de vie.
« Si nous souhaitons opérer le développement profond à la base, nous devons même dans nos attitudes au quotidien remettre en cause un certain nombre de choses », a insisté le Chef de l’État devant l’assemblée des maires et préfets.
L’accumulation de petits renoncements l’insalubrité tolérée aux abords d’un bâtiment public ou le jet de sachets plastiques dans la rue constitue, selon cette grille de lecture, un pèse-acide pour le pays. Le Président a illustré ce constat par une mise en situation poignante : « Je suis maire d’une commune, je sors de mon bureau climatisé, juste à côté de la mairie, il y a des immondices… Je suis préfet, je sors de ma maison, je vois des sachets plastiques plein de déchets dans la rue, je passe, je ne dis rien, et vous voulez espérer que votre commune se développe ? Non. » Ces négligences quotidiennes traduisent un relâchement général qui freine la dynamique globale.
L’exemplarité des décideurs locaux et la « tolérance zéro »
S’adressant directement aux autorités locales, Romuald Wadagni les place face à leur devoir d’exemplarité. L’Exécutif ne prône ni la brutalité ni la coercition aveugle, mais exige un engagement personnel ferme et un sens aigu de la responsabilité :
• Un engagement d’intransigeance : « Je veux que chaque préfet, chaque maire développe le réflexe de dire « tolérance zéro sur tout ce qui retarde le développement » », a martelé le Président. Pour lui, chaque responsable doit prendre la résolution personnelle de ne plus fermer les yeux : « Ce que mes yeux voient qui constitue des freins, des retards au développement, je ne le laisse plus passer ».
• La pédagogie plutôt que la violence : Romuald Wadagni insiste sur la méthode à adopter auprès des citoyens. « Il faut de la pédagogie, pas de violence. Faut pas brutaliser les gens, vous donnez l’exemple », a-t-il précisé.
• Des règles élémentaires non-négociables : « Il y a des sujets sur lesquels on ne doit même pas discuter : l’hygiène, la propreté (…) la discipline. On doit respecter les feux, on doit respecter le passage piéton… Des choses simples, mais dont le non-respect freine le développement », a rappelé le Chef de l’État.
Transmettre pour transformer durablement
Cette approche remet la transmission éducative et l’apprentissage par l’exemple au cœur de la stratégie nationale. Le changement de mentalité ne s’imposera pas par décret, mais par l’impact du comportement des adultes sur les plus jeunes.
Comme l’a conclu le Président Wadagni : « Convenons qu’il y a des petites choses qu’il faut qu’on fasse, parce que nos enfants qui voient ça vont changer leurs habitudes ». C’est à ce prix que l’action publique sur les pôles territoriaux dépassera le stade des infrastructures physiques pour devenir une véritable culture d’excellence et de citoyenneté partagée.
AY



