(Les détails de la rencontre Tigri-Niéri, un homme politique influent et un haut gradé de l’armée togolaise)
Chassez le naturel, il revient au galop. Les sachants feront remarquer que les mauvaises habitudes ont la peau dure. À peine fuis du territoire béninois et recherchés par Interpol, on ne sait diantre dans quel intérêt, Lomé continue, en dépit de toutes les règles en la matière, de protéger et d’aider les ennemis de Cotonou à se renforcer contre les autorités démocratiquement installées au Bénin.
La semaine écoulée, une rencontre secrète a eu lieu en zone militaire, dans la périphérie de Lomé, entre le criminel Pascal Tigri, deux de ses hommes de main, le beau-frère d’Olivier Boko, Rock Niéri, un haut gradé de l’armée togolaise et un membre influent de l’opposition au régime de Cotonou.
Au menu de cette rencontre, selon des sources très proches du groupe : l’élaboration d’un projet de déstabilisation du régime en place au Bénin. Les deux tentatives majeures du 24 septembre 2024 et du 7 décembre 2025 ayant échoué, les auteurs ont souhaité mutualiser leurs efforts en vue d’une attaque mieux coordonnée pour mettre fin au processus démocratique en cours au Bénin. Chose curieuse, certains responsables de l’armée togolaise s’apprêtent à renforcer l’équipe.
La question est maintenant de savoir si la présidence togolaise, à travers sa primature, est à la manœuvre. L’historique des relations bénino-togolaises montre bien qu’a priori, le nouveau président béninois n’avait pas de parti pris dans les tensions entre le chef du gouvernement du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, et l’ancien président béninois Patrice Talon. La visite du nouveau chef de l’État béninois au Togo augurait d’ailleurs une excellente reprise des relations entre ces deux pays frères et amis. D’où le paradoxe de voir l’Exécutif togolais à nouveau impliqué dans une telle machination. Le Togo étant un pays réputé pour la surveillance étroite de son territoire, peut-on croire que le sommet de l’État soit ignorant d’un projet qui se prépare sur son sol et dans lequel certains hauts gradés de son armée sont impliqués ? Il paraît dès lors difficile de blanchir les dirigeants de ce pays.
Ce que les commanditaires et acteurs de ce projet oublient, c’est que la haine contre l’ancien président béninois, ne peut être transposée sur le nouveau. Bien au contraire : le changement à la tête du Bénin devrait apparaître à leurs yeux comme une occasion idéale de vasculariser le cordon ombilical du retour au bon vivre-ensemble. L’heure ne devrait plus être aux projets funestes ni aux rêves de déstabilisation, mais plutôt à l’usage des canaux diplomatiques et de dialogue pour préserver la paix et le développement. Vouloir persévérer coûte que coûte dans ces travers relève de l’autodestruction. Car le peuple béninois, devenu jaloux de sa nouvelle conscience de développement et de progrès, fera face à quiconque tentera de freiner sa marche. L’opinion nationale affiche aujourd’hui une tolérance zéro face aux tentatives de déstabilisation d’où qu’elles viendront.
À suivre.
Aboubakar TAKOU










