À Natitingou, les statistiques sont alarmantes : 134 cas de grossesses en milieu scolaire en 2023, 123 en 2024 et encore 75 en 2025. Environ 28 % des élèves et 33 % des apprentis de l’Atacora déclarent avoir déjà consommé de l’alcool. Face à ces chiffres, l’ONG Emergency Africa et Amnesty International Bénin ont initié le projet « Collèges sans déviances scolaires », avec une approche originale : une fresque murale réalisée par Street Hum’Art au CEG 1 de Natitingou, pour sensibiliser durablement les apprenants.

Des défis majeurs pour la jeunesse de l’Atacora
La commune de Natitingou est confrontée à des défis importants en matière de protection et de bien-être des apprenants. Les grossesses précoces en milieu scolaire et la consommation d’alcool chez les jeunes constituent des obstacles majeurs à la réussite éducative et à l’épanouissement des adolescents.

Les grossesses précoces entraînent souvent l’abandon scolaire et la stigmatisation sociale, et exposent les adolescentes à des risques sanitaires et socio-économiques accrus. Par ailleurs, l’accessibilité des boissons alcoolisées, notamment les boissons locales, favorise une initiation précoce et des comportements à risque, dont les rapports sexuels non protégés, augmentant ainsi le risque de grossesses non désirées.

Une fresque pour sensibiliser et pérenniser les messages
À l’initiative de l’ONG Emergency Africa, présidée par Romaric ZINMONSE, Street Hum’Art a réalisé au sein du CEG 1 de Natitingou une fresque murale destinée à sensibiliser durablement les apprenants. L’œuvre, réalisée par les artistes du label SHA CREW, répond à un besoin urgent de protection des apprenants et s’inscrit dans les efforts de co-construction de solutions aux différentes problématiques de bien-être communautaire.

Les artistes engagés sur le terrain
Cette œuvre a été réalisée par les artistes du label SHA CREW de Street Hum’Art : Ayi Pierre TYPAMM, BODO Thierry, Lopez LAWSON, Olatoundji ODJO et Ghislain HOUNKPONOU.

La fresque vise à renforcer l’information des apprenants sur la santé sexuelle et reproductive, à réduire la consommation d’alcool chez les jeunes et à contribuer au maintien des filles à l’école.

L’art comme outil de prévention
L’approche artistique permet de toucher les jeunes de manière directe et durable. Le graffiti, ancré dans l’espace public du collège, rappelle quotidiennement aux élèves les messages de prévention. La fresque crée un dialogue visuel permanent avec les apprenants, contribuant à instaurer une culture de la prévention et de la responsabilité.

Ce projet démontre que l’art peut être un puissant vecteur de changement social. En associant création artistique et éducation, Street Hum’Art et ses partenaires contribuent à protéger la jeunesse de l’Atacora et à promouvoir un environnement scolaire sûr et épanouissant.









