L’art peut-il être une promesse d’éternité ? À Aguégués, la réponse est oui. Du 2 au 10 avril 2026, Street Hum’Art a réalisé une fresque murale grandiose à l’école primaire privée Serena, en hommage à Serena Cosentino, une jeune chercheuse italienne tragiquement disparue en 2021. Une œuvre qui immortalise une âme généreuse et célèbre la transmission du savoir aux enfants du Bénin.

Le tragique destin d’une chercheuse passionnée
Serena Cosentino, brillante chercheuse italienne passionnée de culture et amie des enfants, a perdu la vie le 23 mai 2021 avec son compagnon Mohammadreza Shahaisavandi, lors de l’effondrement du téléphérique du Mont Mottarone. Profondément marquée par un précédent séjour à Aguégués, Serena y avait laissé l’empreinte d’une âme douce, généreuse et tournée vers le partage.

Refusant que cette lumière s’éteigne, sa famille s’est associée à l’Associazione San Benedetto Abate pour faire sortir de terre une école dans cette même localité. Pour donner une véritable âme à ce lieu de transmission, Street Hum’Art a été sollicité afin de concevoir une fresque qui évoque la personne de Serena, afin que son sourire reste gravé dans la pierre et dans les cœurs.

Une fresque étreinte visuelle
Au centre de la composition, le visage de Serena, coiffé de son foulard bordeaux, irradie de dignité et de douceur. À ses côtés, son compagnon traduit une résilience apaisée. Le couple est entouré d’enfants arborant des pagnes traditionnels aux motifs géométriques. Leurs sourires incarnent un avenir à la fois fragile et profondément lumineux.

Le jaune et l’or dominent pour évoquer l’énergie et la chaleur humaine, tandis que le bleu profond des vêtements du couple rappelle la sérénité et la solidité. Des tournesols, fleurs préférées de Serena, s’élèvent au pied du mur, incarnant la joie, le soleil et l’optimisme. L’inscription « Merci Serena » trône sur l’œuvre comme un cri silencieux de gratitude collective.

Les artistes mobilisés pour cet hommage
Cette œuvre a été réalisée par les artistes du label SHA CREW de Street Hum’Art : Ayi Pierre TYPAMM, BODO Thierry, ZANNOU Manon, Tribute CHETANGNI, Lopez LAWSON, Olatoundji ODJO et Ghislain HOUNKPONOU.

Un hommage qui se prolonge dans l’école
En parallèle de cette fresque, trois graffitis ornent les murs de l’école. Sur l’un, une fillette au sourire éclatant, tenant son livre bleu, semble dire : « Va, apprends, ton avenir est brillant. » Sur un autre, un petit garçon déterminé marche fièrement, son livre rouge à la main. Sur le dernier mur, deux enfants rieurs, sacs à dos volants, sont assis sur un crayon géant transformé en fusée.

Ces fresques rappellent que l’imagination, la créativité et l’éducation représentent des moteurs pour s’élever, l’essence même de ce que Serena voulait transmettre. Ces œuvres ne sont pas une fin, mais un commencement. Elles prouvent que l’art peut devenir une promesse de solidarité et une preuve que l’amour est éternel.



