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Projet SAP 055/ Environnement et santé : le Bénin lance un projet innovant pour les populations vulnérables

Face à l’aggravation des risques sanitaires liés aux changements climatiques, le Bénin renforce son dispositif d’adaptation. Doté de plus de 8 millions de dollars du Fonds vert pour le climat, le projet SAP 055 a été officiellement lancé ce jeudi 3 septembre 2026 à Cotonou. Il cible les populations vulnérables de la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo et mise sur une approche intégrée associant santé, environnement, climat et action communautaire.

Un constat alarmant sur les risques climatiques

Au fil des saisons, le climat change et, avec lui, les risques auxquels sont exposées les populations. Températures extrêmes, inondations, dégradation de la qualité de l’air ou encore perturbation des saisons : les bouleversements environnementaux ne se limitent plus aux écosystèmes. Ils ont également des répercussions sur la santé des communautés.

C’est autour de cette réalité que s’articule le projet SAP 055. L’initiative est portée par le ministère du Cadre de Vie et des Transports, chargé du Développement durable, en collaboration avec le ministère de la Santé, le Fonds national pour l’Environnement et le Climat (FNEC) et le consortium d’ONG GRAFED. Intitulé « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables aux changements climatiques dans la zone sanitaire ABD (Adjohoun, Bonou et Dangbo) du Bénin », le projet bénéficie d’un financement du Fonds vert pour le climat (GCF).

Pour le directeur général du FNEC, Appolinaire Gnanvi, le constat est sans équivoque : le changement climatique constitue désormais un déterminant majeur de la santé publique. « Les variations extrêmes de température, la recrudescence des inondations, la dégradation progressive de la qualité de l’air et l’instabilité des saisons influencent profondément la dynamique des maladies au sein de nos communautés », a-t-il relevé lors de la cérémonie de lancement.

Des risques sanitaires croissants

Dans la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo, les effets du changement climatique ne se limitent donc plus aux préoccupations environnementales. Ils se traduisent également par des risques sanitaires croissants pour les populations. Dans son intervention, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a rappelé que les projections disponibles font craindre une aggravation de la vulnérabilité sanitaire, même dans les scénarios climatiques et socio-économiques les plus favorables.

Le paludisme, les infections respiratoires aiguës et les maladies diarrhéiques figurent parmi les pathologies particulièrement préoccupantes. Les maladies cardiovasculaires sont également citées parmi les risques pris en compte dans le cadre du projet.

Les conséquences des changements climatiques ne touchent toutefois pas toutes les catégories de la population de la même manière. Les enfants, les femmes, les personnes âgées et les populations à faibles revenus restent parmi les plus vulnérables. « La vulnérabilité sanitaire de la population va probablement s’accroître », a prévenu Benjamin Hounkpatin, considérant le SAP 055 comme une opportunité pour réduire l’incidence des maladies dans la zone bénéficiaire et auprès des populations limitrophes.

Une approche intégrée pour anticiper les risques

Face à ces risques, le projet entend faire évoluer la réponse sanitaire. Il ne s’agit plus seulement d’intervenir lorsque la maladie survient, mais de mieux anticiper les risques liés aux variations climatiques. Pour le FNEC, cette anticipation passe nécessairement par une meilleure prise en compte de l’environnement. « La protection de l’environnement apparaît comme un levier essentiel pour réduire la morbidité et renforcer la résilience de nos communautés », a expliqué Appolinaire Gnanvi.

Cette approche constitue l’un des fondements du SAP 055, qui rapproche ainsi deux secteurs étroitement liés : l’environnement et la santé.

Un projet ambitieux pour 97 900 bénéficiaires directs

Prévu pour une durée de cinq ans, le projet devrait toucher, selon le DG du FNEC, 97 900 bénéficiaires directs et 213 800 bénéficiaires indirects dans la zone sanitaire ABD. Il est structuré en trois composantes et quatre résultats d’activités.

Sur le terrain, cette ambition doit se traduire par des investissements concrets. En lançant le projet, le ministre du Cadre de Vie et des Transports, en charge du Développement durable, Georges Alé, a rappelé les principales actions prévues, dont la mise en place d’un Centre de surveillance des risques climatiques et sanitaires.

L’objectif est de renforcer la surveillance intégrée des risques et des maladies sensibles aux variations climatiques. Le projet prévoit également le renforcement des capacités des acteurs sanitaires en matière de détection précoce et de gestion des urgences sanitaires, ainsi que l’intégration des données climatiques dans la planification sanitaire.

Des infrastructures résilientes et des communautés impliquées

À en croire Georges Alé, l’autre volet important concerne l’installation de systèmes solaires d’approvisionnement en eau potable et en énergie dans les centres de santé. Cette mesure doit contribuer à assurer la continuité des services de santé et à rendre les infrastructures sanitaires plus résilientes face aux perturbations liées au climat. Des équipements biomédicaux adaptés sont également prévus afin de contribuer à la modernisation des plateaux techniques des formations sanitaires concernées.

Le SAP 055 ne mise toutefois pas uniquement sur les infrastructures, a précisé le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin. Les communautés occupent une place centrale dans le dispositif. Le projet prévoit notamment le développement et le renforcement de jardins botaniques médicinaux, avec l’implication des femmes, des jeunes et des personnes âgées. La structuration de groupements de maraîchers, notamment de femmes et de jeunes, figure également parmi les interventions envisagées. L’objectif est de renforcer leur participation aux instances de décision et d’améliorer leur accès aux informations climatiques et sanitaires.

La sensibilisation des populations à l’adoption de comportements favorables à la santé constitue également un axe majeur du projet.

Une vision pour l’avenir

Pour Georges Alé, le SAP 055 traduit une volonté de renforcer la collaboration entre les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, la société civile et les partenaires internationaux. Pour le directeur général du FNEC, Appolinaire Gnanvi, cette synergie doit permettre de faire « du secteur de l’environnement un pilier de la santé publique » et, dans le même temps, « du secteur de la santé un moteur de la transition écologique ».

Cette vision résume l’esprit du projet : agir sur l’environnement pour prévenir les risques sanitaires, tout en intégrant les impératifs de résilience climatique dans les politiques de santé.

Au-delà d’Adjohoun, de Bonou et de Dangbo, le SAP 055 porte une ambition plus large. L’expérience acquise dans cette zone sanitaire pourrait servir de référence pour d’autres territoires béninois exposés aux effets des changements climatiques.

En lançant officiellement le SAP 055, le Bénin entend ainsi faire de la zone sanitaire Adjohoun-Bonou-Dangbo un laboratoire de la résilience sanitaire face aux changements climatiques. Une expérience qui pourrait, à terme, contribuer à une nouvelle approche de la santé publique au Bénin, où la protection de l’environnement et le bien-être des populations avancent désormais sur une même trajectoire.

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