Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement sénégalais et sa majorité parlementaire autour du projet de loi de finances rectificative pour 2026. Réuni le vendredi 30 octobre, le groupe de travail de la commission des finances de l’Assemblée nationale a une nouvelle fois rejeté le texte, malgré les clarifications apportées par l’exécutif. Les députés sont désormais attendus en séance plénière le mardi 3 novembre prochain pour un vote décisif.
Quatre heures de discussions n’auront pas suffi à rapprocher les positions. À la suite des réserves exprimées par les parlementaires, le gouvernement avait accepté de soumettre une nouvelle fois le document à l’examen technique de la commission, dans l’espoir de parvenir à un compromis. Mais les échanges autour du financement des bourses familiales et des subventions à l’énergie n’ont pas permis de lever les inquiétudes.
Malgré les explications supplémentaires fournies par l’exécutif, les représentants du Pastef maintiennent leurs réserves. Ils dénoncent notamment l’insuffisance des garanties en faveur du pouvoir d’achat des populations, des interrogations sur la sincérité budgétaire ainsi qu’une attitude jugée trop rigide du gouvernement.
Un vote décisif le 3 novembre
Le rejet en commission ne constitue toutefois pas la fin de la procédure parlementaire. Le projet de loi sera soumis au vote des députés en séance plénière le mardi 3 novembre. Avec 130 sièges sur les 165 que compte l’Assemblée nationale, le Pastef dispose d’une influence déterminante sur l’issue du scrutin.
En cas de rejet définitif, le budget initial de 2026 restera en vigueur. Une situation qui pourrait compromettre la mise en œuvre des mesures négociées avec le Fonds monétaire international (FMI), dans le cadre de son programme de financement de 2,2 milliards de dollars.
Au-delà des divergences entre l’exécutif et sa majorité, ce vote constitue donc un enjeu majeur pour les finances publiques sénégalaises et les perspectives de coopération financière entre Dakar et le FMI.
A. IMOROU SANDA










