Le chef de la junte au pouvoir au Mali, le général Assimi Goïta, a promulgué une loi qui lui accorde un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable indéfiniment, sans recours à une élection. Il devient ainsi, de facto, président de la République du Mali jusqu’à au moins 2030, rapporte RFI.
Cette loi, adoptée à l’unanimité par le Conseil national de Transition (CNT) le 3 juillet 2025, a été officiellement promulguée le 8 juillet par le président de la Transition lui-même, Assimi Goïta. Elle s’inscrit dans le cadre de la nouvelle Charte de la Transition, qui vient compléter la Constitution adoptée le 22 juillet 2023.
Un mandat sans limite électorale
La nouvelle charte redéfinit le préambule, les valeurs, les missions et la composition des institutions de la Transition. Elle officialise un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable « autant de fois que nécessaire », au nom de la stabilité du pays, tant que la pacification du territoire national n’est pas totalement assurée.
Autre disposition notable : le président de la Transition, les membres du gouvernement et les conseillers du CNT sont désormais éligibles aux futures élections générales, censées marquer la fin de la transition. Toutefois, aucune date précise n’a été avancée pour ces scrutins.
Une gouvernance fondée sur des principes
Le texte insiste sur un ensemble de principes fondamentaux qui doivent guider l’action des autorités de la Transition : patriotisme, probité, mérite, civisme, transparence, inclusion, dialogue et réconciliation nationale.
Parmi les missions prioritaires fixées par la nouvelle charte figurent :
la sécurisation du territoire national,
la refondation de l’État,
la réforme du système éducatif,
la promotion de la bonne gouvernance,
et l’organisation d’élections crédibles.
Selon plusieurs médias, la loi prévoit également que la durée du mandat pourrait être écourtée si les conditions nécessaires à la tenue d’une élection présidentielle transparente et apaisée sont réunies.
Fallone CHABI-BONI



