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Société

Accélération de la prise en charge pédiatrique du VIH : Le Bénin s’engage contre les nouvelles infections

Le Bénin renforce sa lutte contre le VIH chez les enfants. À travers le Programme national de Lutte contre le Sida (PNLS), le ministère de la Santé a officiellement lancé, le jeudi 25 septembre 2025 à Cotonou, une campagne nationale d’accélération de la prise en charge pédiatrique du VIH. Cette initiative, qui s’étendra sur douze mois, ambitionne de mettre fin aux nouvelles infections pédiatriques et d’améliorer l’accès des enfants aux soins.

La cérémonie de lancement a mobilisé de nombreuses personnalités : la vice-présidente de la République, le ministre de la Santé, des représentants du système des Nations unies, des leaders communautaires et religieux, des femmes influentes, ainsi que des membres de l’Association des jeunes vivant avec le VIH. Tous ont exprimé une même volonté : bâtir un avenir où aucun enfant béninois ne naît ni ne grandit avec le VIH.

« Notre objectif est simple et clair : aucun enfant ne doit naître avec le VIH, aucun ne doit grandir avec le virus. Ensemble, faisons reculer le VIH pédiatrique », a affirmé le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, en lançant officiellement la campagne autour du thème : « Mettre fin aux nouvelles infections au VIH chez les enfants au Bénin ».

Dans son intervention, Paterne Akossinou, vice-président de l’Association béninoise des jeunes pour l’épanouissement des plus vulnérables (ABeJEV-PLUS), a insisté sur l’urgence d’agir. Selon lui, « il y a urgence à protéger les enfants, urgence à briser la chaîne des nouvelles infections et urgence à garantir à chaque nouveau-né le droit fondamental de commencer la vie en bonne santé ».

Saluant la pertinence de la campagne, il l’a décrite comme un appel à l’action et un rappel que « chaque dépistage compte, chaque traitement entamé est une victoire et chaque enfant sauvé est une promesse tenue envers l’avenir ». Avec l’appui de l’ONUSIDA, son association a déjà mis en place douze clubs de jeunes répartis sur l’ensemble du territoire pour intensifier la sensibilisation et l’accompagnement des familles.

Le soutien des Nations unies

La représentante résidente du système des Nations unies au Bénin, Aminatou Sarr, a souligné l’importance de l’initiative. Elle a rappelé que la stigmatisation et la discrimination, en particulier envers les femmes enceintes séropositives, constituent encore un obstacle majeur à la continuité des soins.

« Cette campagne n’est pas qu’un programme technique, elle incarne un engagement collectif pour que plus aucun enfant ne naisse avec le VIH et que tous aient accès aux traitements nécessaires », a-t-elle affirmé. Elle a également rappelé la contribution des agences onusiennes – ONUSIDA, UNICEF, OMS, UNESCO, ONU Femmes – et du Grand-Duché de Luxembourg, qui accompagnent financièrement et techniquement le déploiement de l’initiative.

Des progrès notables mais encore des défis

Revenant sur les acquis du pays, le ministre Benjamin Hounkpatin a mis en avant les efforts du gouvernement sous l’impulsion du président Patrice Talon. Le financement national de la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose a été renforcé, permettant des avancées considérables. Aujourd’hui, plus de 95 % des femmes enceintes séropositives suivies en consultation prénatale bénéficient d’un traitement antirétroviral. La transmission mère-enfant du VIH est passée de 7,72 % à 3,3 % en dix ans. L’accès des adultes aux traitements a progressé de 44 % à 91 % sur la même période.

Mais ces résultats contrastent avec la situation des enfants : seulement 48 % des enfants séropositifs bénéficient d’un traitement, et à peine 63 % connaissent leur statut sérologique. « Ces chiffres restent trop faibles », a déploré le ministre, appelant à une mobilisation générale pour inverser la tendance.

Une campagne nationale pour un avenir sans VIH pédiatrique

La nouvelle campagne veut mettre l’accent sur le dépistage, la rétention dans les soins et la mobilisation communautaire, notamment à travers l’implication des femmes leaders, des leaders religieux et des jeunes. Des supports de communication – affiches et spots en plusieurs langues nationales – sont déjà produits pour toucher un public large et diversifié.

En lançant cette initiative, le Bénin réaffirme son ambition d’éliminer le VIH pédiatrique d’ici 2030. Plus qu’un programme de santé publique, la campagne se veut un mouvement national de solidarité, de sensibilisation et d’action collective pour que chaque enfant béninois puisse grandir en bonne santé, libéré du VIH.

GA

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