Le problème qui ronge le parti de Boni Yayi dépasse maintenant le simple cadre de mécontentements et de problèmes de personnes. Le parti Les Démocrates (LD) pose en fait, un problème de compétence et de ressources humaines d’expérience, pour ne pas dire de qualité. Après la double mise en demeure de deux administrations au sujet des quitus fiscaux et du casier judiciaire, c’est le procureur spécial de la Criet Mario Métonou, saisi de plusieurs plaintes, qui est obligé de monter au créneau.
Il rappelle au parti LD d’éviter de tomber sous le coup de la loi. En effet, vu que le processus d’obtention du quitus fiscal et du casier judiciaire est dématérialisé, les responsables du parti LD jouent à faire des demandes de ces pièces au nom de personnes qui ne sont même pas informées qu’une telle demande a été faite à leur profit. Mais le système, qui s’appuie sur le numéro de téléphone du propriétaire, les informe automatiquement de la demande et elles s’étonnent. Du coup, elles saisissent les services compétents, en l’occurrence la justice. Mais politiquement, le ver est déjà dans le fruit. LD s’apprête ainsi à déposer des dossiers signalés dont la Cena et la justice sont déjà saisies par différentes plaintes. Si la Cena, nonobstant la justice, en tient compte, il s’en suivra un rejet systématique de toute la liste LD. Comme on fait son lit, on se couche, dit-on. Personne ne viendra donc parler d’une hypothétique grosse main du président Patrice Talon, qui regrette déjà que ce parti soit encore et toujours en difficulté du fait de ses propres turpitudes. La dernière fois, aux élections législatives, c’est Éric Houndété qui a jeté toute fierté pour demander exceptionnellement l’aide du président Talon. Aujourd’hui, c’est le président Yayi, du haut de sa toute superbe en termes de fierté, qui est aux commandes. Et on ne va pas aider ceux-là mêmes qui refusent d’assimiler le minimum.
C’est quand même regrettable pour un parti qui se dit du peuple. Les Béninois sont plus avisés que ça.
Aboubakar TAKOU



