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Politique

Tentative du 7 décembre : Patrice Talon livre sa lecture et salue la maturité des institutions béninoises

Interrogé pour la première fois en détails sur l’attaque armée du 7 décembre contre le palais présidentiel,le chef de l’État béninois a livré sa version des faits. Qualifiant l’événement d' »incident » plus que de véritable tentative de coup d’État, il a salué la réaction immédiate et loyale de l’armée, détaillé les raisons de l’appel à l’aviation nigériane, et affirmé sa conviction que le Bénin avait désormais franchi un cap de stabilité irréversible.

Une « attaque » et non un putsch, selon Talon
Dans un long échange avec la presse,le président Patrice Talon a insisté pour qualifier les événements du 7 décembre d' »attaque » ou d' »incident », rejetant le terme de tentative de coup d’État. Selon lui, un putsch nécessite un ralliement d’une partie de l’armée, des institutions ou de l’opinion publique, ce qui ne s’est pas produit. « Aucun corps d’armes ne suivrait. Le peuple ne suivrait pas. Aucune institution ne suivrait », a-t-il martelé, dressant le portrait d’un pays où une telle entreprise est vouée à l’échec. Il a dédramatisé l’action en la comparant au fait qu' »il y a bien des gens qui se saisissent d’armes pour aller braquer une bijouterie » dans les grandes démocraties.

La Garde Nationale et l’armée blanchies
Une révélation clé de son discours est l’absolution totale donnée à la Garde Nationale,une unité d’élite qu’il a lui-même contribué à créer. Face aux soupçons, il a affirmé que les attaquants n’étaient « pas tous, sinon dans la grande majorité, [ils] ne relèvent pas de la Garde Nationale ». Il a décrit une armée unie et réactive : toutes les casernes ont, selon lui, appelé le commandement dans les minutes suivant l’attaque pour confirmer leur loyauté et proposer leur aide. « L’armée béninoise toute entière a été extraordinaire », a-t-il assuré, promettant de l’applaudir en public le 1er août prochain.

La révélation sur l’appel au Nigeria et le choix humanitaire
Le président a levé le voile sur une décision cruciale: le recours à une frappe aérienne nigériane. Alors que les assaillants s’étaient retranchés dans la caserne de Togbin avec des blindés, il a expliqué avoir voulu éviter un assaut terrestre qui aurait causé « des dégâts humains » considérables parmi les soldats non-complices présents sur place et dans le quartier avoisinant. « Nous avons aboli la peine de mort au Bénin. Nous n’allons pas, par nos armes, tuer des gens qui sont dans le crime. Il faut les arrêter, les condamner, mais pas les tuer », a-t-il justifié. Ne disposant pas d’avion de combat adapté pour une frappe chirurgicale, il a sollicité et obtenu l’aide du Nigeria via la CEDEAO, une opération qui a, selon lui, précipité la reddition.

Patrice Talon livre une analyse qui minimise la menace sur le plan opérationnel mais maximise son symbole: pour lui, l’échec cinglant des assaillants démontre que le Bénin a atteint une maturité démocratique et institutionnelle où le putsch militaire n’est plus une option viable. Ce discours vise clairement à rassurer l’opinion nationale et internationale sur la solidité de l’État, tout en mettant en garde les « marginaux » et « nostalgiques » qu’il accuse d’avoir manipulé les auteurs.

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