Au Mali, le blocus économique sur le carburant instauré en septembre dernier par des jihadistes s’étend désormais au secteur industriel. Dimanche 11 janvier, des installations appartenant à des entrepreneurs maliens et indiens ont été attaquées dans la région de Kayes, dans l’ouest du pays, par des individus présumés appartenir à des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.
Trois usines produisant du ciment, de la chaux et des enduits ont été prises pour cible en début de matinée. Les assaillants, lourdement armés et arrivés à moto, étaient au nombre de 150 à 200 selon RFI. Ils ont mené des attaques simultanées avant de mettre le feu aux trois sites. Ces événements ont été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux.
Un élu local s’est rendu sur place après le départ des assaillants et a décrit une scène de destruction totale, avec des sacs de ciment en flammes et des bâtiments détruits. Les dégâts sont considérables. « Il faudra tout reconstruire », a déclaré un témoin de la localité de Bafoulabé, soulignant que les jihadistes semblaient vouloir empêcher toute activité industrielle.
Au moins quatre personnes ont été enlevées sur l’un des sites attaqués. En juillet dernier, des usines de la même région avaient déjà été ciblées par des jihadistes, qui avaient alors kidnappé des employés étrangers, notamment indiens. Ces derniers sont toujours détenus par le groupe armé affilié à Al-Qaïda.
Jean De Dieu TRINNOU



