Au Bénin, deux détenus de la prison civile d’Akpro-Missérété, déjà condamnés à sept ans de prison pour escroquerie en ligne, sont de nouveau poursuivis devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Ils sont soupçonnés d’avoir continué leurs activités frauduleuses depuis leur cellule.
L’affaire a éclaté à la suite d’une fouille menée par l’administration pénitentiaire. Deux téléphones portables ont été découverts dans les effets personnels de l’un des détenus puis transmis au Centre national d’investigations numériques (CNIN). Les analyses auraient mis en évidence des traces d’escroqueries commises depuis ces appareils.
À la barre, les deux prévenus ont nié les faits. L’un a reconnu être propriétaire d’un téléphone, tout en attribuant le second à son co-détenu. Ce dernier rejette toute implication, bien que l’appareil soit, selon la Cour, configuré à son nom et contienne des données liées à des fraudes en ligne.
Entendu par la CRIET, le régisseur de la prison a indiqué avoir personnellement saisi un téléphone sur l’un des détenus, qui aurait tenté de s’en débarrasser lors de la fouille. Il a par ailleurs précisé qu’il n’existait aucun rapport établissant la détention d’un téléphone par le second prévenu, rappelant que ce type de situation est fréquent lors des contrôles.
Face aux versions divergentes, la Cour a ordonné des investigations complémentaires au CNIN. Déjà incarcérés depuis trois ans, les deux hommes risquent désormais de voir leur horizon judiciaire s’alourdir.
Fallone CHABI-BONI



