(Koffi Aza avait raison de mettre le « Toula-Sa » à la place du « Losso-Sa » pour avertir Talon)
Y avait-il de grands partis politiques avant l’avènement du président Patrice Talon ? Rien de sérieux que de petits clubs électoraux. Que de basses-cours saisonnières autour des intérêts de quelques mange-mille. La classe politique nationale n’existait réellement pas. D’où la nécessité du système partisan pour renforcer le tissu politique et lui donner une réelle identité. Conséquence : le Bloc républicain, l’Union progressiste le Renouveau, Les Démocrates et le Moele-Bénin voient le jour.
Aussitôt, les toutes premières élections annoncent la montée en puissance du cannibalisme politique entre les deux principaux partis du président Patrice Talon. Au lieu de s’unir véritablement contre leur menace commune, Les Démocrates (LD), ces deux partis n’avaient d’yeux que pour « manger » le Moele-Bénin de leur jeune frère Jacques Ayadji. Ceci n’a malheureusement pas changé. Mais le plus gros péché de ce cannibalisme opportuniste est la volonté affichée par l’un de reléguer, même contre la volonté des urnes, l’autre à la portion congrue du banquet parlementaire. Une première fois. Une seconde fois. Mais cette fois-ci, les camarades de Abdoulaye Bio Tchané ont sorti le gourdin contre leur propre chef. Ça suffit ! L’observation de la vertu ne peut continuer d’être assimilée à une faiblesse. Ça suffit ! Nous voulons que notre vote soit respecté. Que pouvait donc faire Abdoulaye Bio Tchané ? Le mercure a totalement grimpé dans le thermomètre et le président Talon, pour éviter l’escalade, s’est vu obligé d’appeler les instances chargées de l’organisation et de la gestion du contentieux électoral à plus de rigueur, d’intégrité et de patriotisme.
Pourquoi l’UP-R veut-elle contrôler coûte que coûte le parlement ?
Il faut reconnaître que l’UP-R existait déjà avant le président Joseph Djogbénou. La sorcellerie dans son ADN aussi, et bien avant Djogbénou. La chose s’est simplement aggravée parce que certains caciques, gardiens de cette cruelle identité, veulent venger le président Djogbénou, écarté à tort ou à raison de la candidature à la présidentielle d’avril prochain. L’UP-R voudrait que la mouvance présidentielle présente deux candidatures si ce n’est pas en son sein que le dauphin du président Talon est choisi. Il faut donc venger cela, même contre le gré de Joseph Djogbénou. Du coup, sans le vouloir, le pauvre Romuald Wadagni s’est vu attribuer sur le dos, le logo du Bloc républicain. Voilà l’intention qui a nourri l’envie hégémonique de l’UP-R de contrôler vaille que vaille le prochain parlement. Dans ces conditions, il reviendra au président sortant de travailler à sa succession : si l’UP-R en arrivait à obtenir 100 députés, il faudra donner le perchoir au BR. Montrer que le mandat du président Talon tend peut-être vers sa fin, mais que Patrice Talon est encore là, donc maître du jeu politique.
Même s’il faut condamner la fourberie du prêtre Fâ, Koffi Aza, qui a tenu à ramener l’anecdote de « Alahassa » dans le « Losso-Sa », même si cette anecdote reste exclusivement du ressort du « Toula-Sa », c’est bien de l’UP-R dont il faut le plus se méfier, contre sa soif de picorer la tête du petit de « Alahassa ». Il faut nécessairement l’empêcher de porter ce fer au bec. Dans les calculs exacts, le BR peut honnêtement se réclamer de 55 sièges voire plus. Mais n’eût été une certaine vigilance, certains avaient intérêt à officialiser un écart de 13 députés entre les deux partis, au profit de celui qui rêve de manger le petit de « Alahassa ».
Ces messieurs ne méritent pas la confiance du président Talon.
Aboubakar TAKOU



