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Société

Législatives 2026 : Les leçons d’un scrutin qui a redéfini le paysage politique

(Les Béninois ont dit non aux mutins et à leurs instigateurs politiques)

La proclamation des résultats provisoires des législatives par la CENA a officialisé une réalité pressentie : l’effondrement du parti Les Démocrates (LD). Avec seulement 16,14% des suffrages, la formation qui se présentait comme le fer de lance de l’opposition et « le parti du peuple » est sévèrement sanctionnée par les urnes, achevant une descente aux enfers politique entamée depuis 2023.

Un scrutin apaisé, un rejet clair

Dans une allocution solennelle, le président de la CENA, Sacca Lafia, a salué la maturité des électeurs et un processus électoral « exempt de toute violence ». Cette paix civile contraste avec la tempête politique qui frappe LD. Le verdict est sans appel : les Béninois, dans leur grande majorité, ont tourné le dos à ce parti. Loin des accusations d’exclusion souvent brandies, l’électeur a eu le choix et l’a exercé de manière cinglante. Le taux de participation, bien que modeste à 36,73%, suffit à démontrer qu’une mobilisation en faveur de LD était possible. Elle n’a pas eu lieu.

Autopsie d’un naufrage : l’échec sur tous les tableaux

L’analyse des résultats révèle l’étendue de la déroute. D’abord, l’ancrage national, un mirage : Le parti échoue à franchir le seuil symbolique des 20% dans au moins 13 circonscriptions électorales. Ce score large démontre un défaut criard d’ancrage territorial et invalide son statut de formation nationale. LD n’est plus qu’une force locale et sporadique.

Ensuite, la chute des bastions : Le constat est encore plus cruel dans ses supposés fiefs. Dans des circonscriptions comme les 1ère, 2ème ou 3ème de Porto-Novo, le parti a été laminé. La réalité du terrain a balayé l’autoproclamation de sa popularité.

L’impasse stratégique aussi : Entêté dans une posture de rupture, LD a refusé toute alliance pré-électorale. Une erreur fatale. Avec ses scores résiduels, une coalition avec l’un des grands partis (UPR ou BR) lui aurait peut-être offert quelques sièges. Son isolement, érigé en doctrine, l’a condamné à l’inexistence parlementaire.

Enfin, le vote utile, une sanction : L’électorat a fait preuve d’une maturité froide. Après un « vote d’émotion » en 2023, il semble avoir compris que LD ne se comporte pas comme un parti de gouvernement. Son recul constant est le signe d’une défiance définitive face à son offre politique jugée, stérile et irresponsable.

    Une leçon de démocratie

    Ce scrutin sonne comme une leçon. D’abord pour les partisans les plus radicaux de LD et leurs sympathisants putschistes, qui doivent désormais admettre que leurs idées sont ultra-minoritaires à l’échelle nationale. Ensuite, pour le système partisan béninois qui se clarifie autour de deux pôles structurants, l’UPR (41,15%) et le BR (36,6%), prêts à assumer le travail législatif.

    Alors que la CENA transmet le dossier à la Cour Constitutionnelle, le chapitre LD dans cette législature semble déjà se refermer. Le parti n’est plus qu’une force d’appoint témoin, spectateur d’un jeu politique dont il a été écarté par son propre électorat. La voie est désormais libre pour les forces majoritaires. Le message des urnes est clair : place au travail, et que les pleurnicheries politiques restent à la porte de l’Assemblée.

    WM

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