Les résultats définitifs des élections législatives du 11 janvier 2026, publiés ce week-end par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA), révèlent un effondrement spectaculaire du parti Les Démocrates (LD) qui ne récolte que 16% des suffrages au niveau national.
La débâcle est particulièrement significative avec pas moins de treize circonscriptions électorales où LD n’a pas atteint le seuil symbolique des 20%. Cette performance catastrophique marque un recul historique pour ce parti qui fut pendant des années le principal mouvement d’opposition au Bénin.
Les analystes politiques attribuent cette déroute à plusieurs facteurs structurels. Le plus déterminant serait la mauvaise gestion interne du parti par son président, l’ancien chef de l’État Boni Yayi. À plusieurs reprises, au moment de choisir les candidats du parti à la présidentielle, celui-ci aurait délaissé les figures les plus méritantes au profit de « jokers » sortis de nulle part, générant d’importantes frustrations et des crises internes récurrentes.
Ce scénario s’était déjà produit en 2016 alors que Boni Yayi était encore au pouvoir et disposait d’une large coalition politique, puis en 2021, et semble se confirmer pour la présidentielle d’avril prochain. « En clair, beaucoup de militants ont carrément tourné le dos au parti par déception ou dépit », explique un observateur politique.
Cette hémorragie militante se reflète directement dans les urnes, où LD perd progressivement son ancrage territorial et son influence auprès de l’électorat. La sanction des urnes apparaît sans appel pour une formation politique en pleine perte de vitesse.
MW



