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Société

Médias et lutte contre la cyberviolence : L’ONG MJCD et le REMAPSEN tracent la voie

L’ONG MJCD, en partenariat avec ONU Femmes et le Fonds Muskoka, a organisé un « Rendez-vous du REMAPSEN » à son siège à Cotonou, le 4 décembre 2025. Cette rencontre a mis en lumière un sujet encore sous-estimé : les violences numériques à caractère sexiste, abordées sous le thème « Cyberviolence et violences basées sur le genre : comprendre, prévenir et protéger ».

Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la 19ᵉ édition des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, centrée sur l’urgence de mettre fin aux attaques numériques visant les femmes et les filles. Journalistes et organisations de la société civile ont été réunis pour renforcer leurs connaissances, partager des outils de prévention et mieux orienter les victimes.

Quand l’agression quitte la rue pour s’installer derrière un écran

La perception de la violence, longtemps associée à la confrontation physique, a profondément évolué. Désormais, l’agression se glisse dans les messageries privées, les réseaux sociaux et les boîtes mail. Pour Jean-Baptiste Amoussou, responsable du Projet intégré de santé communautaire nutritionnelle et de l’équité genre (PISEG), il ne s’agit plus de simples “dérives” en ligne :
« Une image modifiée, une menace, un chantage vidéo… ces actes brisent des vies ».

Selon les données présentées lors de la rencontre, 15 % des Béninoises âgées de 25 à 29 ans déclarent avoir déjà subi une forme de violence numérique, une statistique en progression. Menaces, insultes, divulgation non consentie d’images intimes, harcèlement ou piratage de comptes constituent les formes les plus courantes. Ces agressions en ligne entraînent parfois des violences physiques ou forcent les victimes à se retirer de l’espace numérique.

Comprendre, prévenir, protéger : une stratégie en trois axes

Les intervenants ont rappelé que la violence sexiste, qu’elle soit physique ou numérique, s’enracine dans des rapports de domination et des normes sociales persistantes. Elle peut se manifester dès la période prénatale, se poursuivre à l’école, dans le couple, dans le milieu professionnel, jusqu’aux espaces numériques.

Trois axes d’action ont été mis en avant par l’ONG MJCD et ses partenaires :

  1. Comprendre les mécanismes socioculturels de la violence ;
  2. Prévenir par l’éducation à l’égalité et à la sécurité numérique ;
  3. Protéger grâce aux instruments juridiques et aux services d’accompagnement.
    Le Code du numérique et la loi béninoise sur les VBG font partie des ressources mobilisables, encore trop méconnues.

Pour Michaël Tchokpodo, coordonnateur national du REMAPSEN, les médias jouent un rôle majeur : « Informer, sensibiliser et relayer les mécanismes d’aide… voilà comment les médias peuvent contribuer à freiner la violence. »

Faustin Djagba, directeur exécutif de l’ONG MJCD, insiste quant à lui sur la nécessité de construire une culture de paix, ajoutant que l’autonomisation économique des femmes constitue un véritable levier de prévention.

En fédérant journalistes et acteurs de terrain, le « Rendez-vous du REMAPSEN » ambitionne de faire des médias des partenaires stratégiques contre la cyberviolence et les VBG. L’objectif est clair : « transformer l’espace numérique en un lieu d’expression et d’opportunités, et non de menace, pour les femmes et les filles ».

Gloria AKOAKOU

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