Deux grosses difficultés étaient dressées devant le Bloc républicain (Br) de Abdoulaye Bio Tchané pour empêcher le cheval blanc de galoper. Primo, il dispute le même fief électoral que le parti Les Démocrates (LD) du président Boni Yayi qu’il fallait culbuter de son piédestal avant de rêver d’une existence. Secundo, il fallait prier Dieu que la cleptomanie congénitale des caciques de l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) diminue. Car les Baobabistes du très gentil et très correct Joseph Djogbénou ne ressemblent pas à leur président. Ils ont développé cet appétit cannibale de se nourrir de leurs congénères du Bloc républicain pour exister et faire croire au président Talon qu’ils sont aimés des populations.
Avec ces deux difficultés, le Br était parti handicapé. Mais le président Abdoulaye Bio Tchané s’est rappelé la promesse faite à son leader de lui ramener Boni Yayi essoufflé, groggy et méconnaissable au soir du vote. Donc, il fallait faire manger quelque chose de bizarre au cheval : l’écorce de saule contenant de l’acide salicylique, substance recherchée dans le contrôle antidopage, ou bien lui donner de l’harpagophytum, produit anti-inflammatoire naturel, mais considéré comme une substance dopante. Cela a été fait et le cheval a pris, au début de la campagne, sa formule éblouissante pour cette course. Résultat : de 28 députés en 2023, le Br compte aujourd’hui 49, au lieu de 65 s’il n’avait encore été victime de cette machine à voler.
Continuer sur cette lancée de victoires revient à identifier et à encourager les lieutenants de Abdoulaye Bio Tchané qui ont maintenu le cap du génie pour vaincre le sort de LD.
Comme pour dire, à tout seigneur tout honneur, c’est au président du parti lui-même qu’on devra attribuer la palme du service bien fait.
Abdoulaye Bio Tchané a fait de la 13ème circonscription électorale la citadelle imprenable du Br. LD et UP-R y ont laissé des dents. Il a ramené à son parti tous les sièges disponibles. Son mérite a été d’autant plus grand qu’il avait dans ses pattes son autre grand problème. Dans la tradition du Br, chose curieuse, tout cadre éjecté de la liste devient toujours un problème pour celle-ci. Abdoulaye Bio Tchané n’a pas échappé à cette malédiction. Mais il est parvenu à montrer que c’est lui le maître, le stratège. À ses côtés, il avait aussi son fils, l’ambassadeur Nouhoum Bida, qui n’a pas démérité. Le jeune poussin destiné à être coq, cela se sent le jour même de son éclosion. Bida promet, aux côtés du président Abdoulaye Bio Tchané, la crête de confiance nécessaire pour un vrai coq.
À Parakou, Tchaourou, Pèrèrè dans la 8ème, le mérite est revenu au champion toutes catégories confondues, Rachidi Gbadamassi. Si le Br perdait la face devant LD, ses patrons croiraient que c’est parce qu’il n’est pas sur la liste des candidats qu’il a fui la consigne du parti de manger Boni Yayi et ses hommes à l’ail.
Fidèle donc à sa réputation d’homme de défis, le ministre conseiller et bon petit du président Patrice Talon a troqué son cheval contre un Pégase, ce mythique cheval blanc ailé de la mythologie grecque. Aidé du maire Inoussa Zimé, candidat, de Francis Koto Gbian et de Bouko Chabi Adam, la messe devait être et a été dite : Yayi et son LD réduits en miettes. L’UP-R, qui n’était pas la priorité de Gbadamassi, a volé comme à ses habitudes pour exister. Il faut souligner que si les deux autres du trio de la 8ème n’avaient pas rusé, le Br aurait fait comme dans la 13éme. Malheureusement que la malédiction était là.
Dans la 7ème, comme on le disait dans un autre article, le général Gbian est resté dans la même logique que Gbadamassi. Il fallait mettre le jeune Hermann Orou Takou sur son dos pour traverser cette mare remplie de crocodiles aux couleurs de l’UP-R et de LD. À l’arrivée, même le sac au dos était essoufflé. Il ne connaît rien à cette monstrueuse réalité politique. C’est un bébé encore au biberon. Donc avec des dents de lait incapables de mordre dans ces pneus d’avion que sont ses adversaires de son papa Gbian. Cependant, le général a rempli son contrat. Il a fait élire son petit.
Dans les autres circonscriptions, la bataille a été la même. Le Br est resté le seul parti politique à avoir, au minimum, un député dans chaque circonscription électorale. Du jamais vu. Paulin Akponna, Benoît Dègla, Barthélémy Kassa, Émile Houndéladji, Romaric Ogouwalé, Corneille Atindéhou, Jean Eudes Okoundé, André Okounlola, Eustache Akpovi, l’ambassadeur Wabi et les autres ont mouillé le maillot pour montrer que c’est le Br qui est le parti politique le plus représenté sur toute l’étendue du territoire national.
Mais c’est aux amazones du Br que revient le plus grand mérite. L’honorable Chantal Ahyi a pu arracher deux sièges dans cette jungle de la 16ème. L’honorable Sofiath Schanou, avec sa sœur jumelle madame Wabi Chakiratou – grande sœur et petite sœur si complices qu’on dirait des siamoises – ont réussi le coup parfait de deux députés dans la 19ème, où le vol a été instauré en loi pour fragiliser les puissants muscles du cheval blanc cabré.
Alimatou Badarou n’a pas non plus démérité dans la 15ème. Enfin, on doit à la vérité de remercier ou de féliciter l’honorable Ernest Médéwanou qui, en dépit de son appartenance à l’UP-R, s’est investi corps et âme pour porter, par amour pour le président Abdoulaye Bio Tchané, son chef et le Bloc républicain. Il a réussi le pari, aux côtés d’autres cadres muets par leur position, mais Br jusqu’à la moelle osseuse, de briser le sort de 2023 où l’UP-R s’était accaparé tout le butin de la 12ème.
Bravo à ces messieurs et dames qui ont réussi le double pari de terrasser LD tout en supportant la machine à voler de l’UP-R. Il faut enfin remercier certaines personnes au sommet et les noms ne peuvent que figurer ici par leurs initiales. Messieurs PT, RW, SM, l’épouse de l’homme de la 8ème et les autres.
Aboubakar TAKOU



