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Politique

MOELE BÉNIN : LE MODÈLE HUMAIN ET LA QUERELLE D’UN CHEMIN

Il y a dans la trajectoire de MOELE-BÉNIN une tension qui ne se voit bien qu’à contre-jour. Dans la clarté des sièges et des coalitions, le parti semble parfois égaré. Mais si l’on observe l’ombre de son combat, apparaît une vérité plus profonde, celle d’un parti qui a choisi de défendre son identité plutôt que de se fondre dans le confort des grandes armadas.

Jacques AYADJI n’est pas un politique de circonstance. Le sang de l’ancien syndicaliste coule encore dans ses veines. Il préfère perdre debout que gagner à genoux. C’est cette culture qui forge sa posture, loyale sans soumission, réformiste sans effacement. MOELE-BÉNIN a choisi d’être une voix, plutôt qu’un simple écho.

Pendant que certains, comme Claudine Afiavi Prudencio, ont rangé leurs drapeaux et embarqué dans les convois de la majorité pour siéger au Parlement 10ème législature, AYADJI est resté sur le quai. Il aurait pu se positionner, négocier, se faire élire. Il le savait. Mais il a refusé de réduire son engagement à un calcul personnel. Il a pensé à la jeunesse qu’il entraîne, à cette vision qu’il refuse de troquer contre un siège.

Et pourtant, le doute s’impose. Un jeune parti peut-il espérer tenir tête à deux blocs fusionnés issus de centaines de partis ? Peut-on concilier dans ce cas le courage de tenter l’impossible avec le réalisme d’un système qu’on connait bien ? L’espoir d’un navire solitaire face à une armada massive ressemble à une barque contre vents et marées.

On pourra se demander: était-ce la nécessité de démontrer que l’on peut rester debout dans un monde qui pousse à se courber ? Ou l’entêtement d’un combat qu’on sait coûteux mais qu’on assume parce qu’on a les moyens ? La frontière entre courage et témérité est mince. Et certains pensent que ce qu’il a brûlé pour l’instant comme moyens, il pourrait les réinvestir autrement dans l’humain.

MOELE-BÉNIN a choisi d’être une vigie plutôt qu’un matelot discipliné. La vigie n’a pas le gouvernail, mais elle éclaire les récifs, alerte les passagers, rappelle que la politique peut encore être autre chose qu’un calcul.

À contre-jour, MOELE-BÉNIN n’est ni une erreur, ni un triomphe. C’est la querelle d’un chemin, entre idéal et réalisme, entre vision et système, entre le courage de défendre l’humain et la dure nécessité de composer avec la politique telle qu’elle est. Le temps dira si ce chemin solitaire était visionnaire ou simplement trop en avance pour être compris.

Aristide KANOUSSOU

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