Le gouvernement ghanéen a annoncé, dimanche 1er février 2026, une pause temporaire dans l’examen des demandes de naturalisation des personnes d’ascendance africaine. Cette mesure intervient après une décennie de mise en œuvre du programme « citoyenneté par descendance », lancé en 2016 et popularisé par les initiatives « Année du Retour » (2019) et « Beyond the Return » (2020-2030).
Une suspension motivée par des critiques pratiques
Les autorités justifient cette suspension par la nécessité de réviser le processus pour le rendre « plus transparent, abordable, efficace et convivial ». Le programme, qui a permis à plus de 1 000 personnes, dont des personnalités comme le musicien Stevie Wonder ou le streamer IShowSpeed, d’obtenir un passeport ghanéen, était confronté à des critiques croissantes. Celles-ci portaient sur sa complexité administrative, ses coûts élevés (s’élevant à plus de 2 400 USD au total) et des délais jugés irréalistes, comme la fourniture d’une preuve ADN en une semaine.
Entre réforme et risque pour l’élan panafricain
Si le ministère de l’Intérieur promet une reprise rapide avec de nouvelles directives, certains analystes craignent que cette pause ne freine l’élan symbolique du Ghana, qui se présente comme la « maison » de la diaspora. Le risque de décourager les investissements dans l’immobilier, l’agriculture ou la technologie est évoqué. Toutefois, pour des acteurs comme le Diaspora African Forum, il s’agit d’une simple mise à jour procédurale, et non d’un abandon du programme. En attendant, l’option du « Right of Abode » (droit de séjour permanent) reste ouverte.
Un modèle observé en Afrique
Le Ghana a servi de précurseur sur le continent. D’autres pays, comme le Bénin (avec une loi adoptée en 2024) et la Sierra Leone, ont mis en place des dispositifs similaires permettant aux descendants africains déportés d’accéder à la citoyenneté, fondés sur la vérification des origines ancestrales.
Alassane IMOROU SANDA



