Après des années de loyauté envers la mouvance Talon, le parti d’Abdoulaye Bio Tchané dresse un bilan sans concession de son alliance avec l’UPR. A travers un message explosif, le Dr Bertin Koovi, conseiller à la stratégie du Bloc Républicain, dénonce un « ménage à trois déséquilibré » où le BR serait le « dindon de la farce ». Annonçant la fin des concessions, il exige des accords clairs avant tout futur soutien et envisage ouvertement une opposition parlementaire digne. Une prise d’indépendance qui remet en cause les équilibres à l’approche de la fin du second mandat de Patrice Talon et de la succession présidentielle.
Alassane IMOROU SANDA
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Cotonou 04 février 2026.
Le Bloc Républicain doit prendre son destin en main
Chers militants et militantes du Bloc Républicain,
Depuis sa création, le Bloc Républicain (BR) a soutenu loyalement le Président Patrice Talon, aux côtés de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR). Ce que nous avons considéré comme un accord politique équilibré s’est, dans les faits, transformé en un ménage à trois déséquilibré, au détriment du BR.
Le bilan est sans complaisance :
Le Bloc Républicain a servi de marchepied aux ambitions politiques de l’UPR, sans retour politique équivalent. À ce jour, il est difficile d’identifier clairement ce que le BR a véritablement gagné dans cette collaboration.
Nous sommes restés, trop longtemps, les enfants de domicile de la famille présidentielle, sans capacité réelle de peser sur les grandes décisions politiques. Pourtant, le Président Patrice Talon n’a cessé de prôner un accord de gouvernance entre le BR et l’UPR.
Mais au moment décisif celui de la présidence de l’Assemblée nationale, lorsque le Président devait taper du poing sur la table pour faire respecter l’esprit de coopération, l’UPR a menacé de quitter la mouvance présidentielle si cette responsabilité revenait au BR.
La réalité est brutale : le BR n’a pas été protégé de l’instinct d’hégémonie de l’UPR.
Nous devons avoir le courage de le dire : nous sommes devenus les dindons de la farce.
Parce que le BR a trop cédé, trop concédé, trop accepté, les militants sont aujourd’hui en droit d’exiger le retour de l’ascenseur. L’UPR dispose d’une majorité confortable et entend l’exercer pleinement. Qu’il en soit ainsi.
Le BR doit désormais gérer ses mairies seul.
Que l’UPR gère également les siennes seule.
S’il le faut, le BR assumera une opposition parlementaire digne, car nous pouvons tout perdre sauf notre dignité.
Notre président, Abdoulaye Bio Tchané, a la posture, l’expérience et la légitimité pour présider l’Assemblée nationale.
Le Président Patrice Talon n’a pas pu nous l’obtenir.
C’est un fait politique que nous devons assumer lucidement.
Soyons clairs :
Le BR reste un soutien indéfectible au Président Patrice Talon jusqu’au 23 mai 2026.
Mais notre attitude future vis-à-vis de tout candidat, qu’il s’agisse de Paul Hounkpè ou de Romuald Wadagni, dépendra exclusivement de ce que chacun proposera concrètement au Bloc Républicain.
La politique est une question d’intérêts.
Et j’appelle les militants du BR à se mettre en rang pour défendre les intérêts de leurs militants, non pour soutenir aveuglément une mouvance sans contrepartie.
Mieux vaut être opposant sans rien attendre que soutien sans rien pouvoir apporter à sa base.
Chers militants, cessons d’être des marchepieds.
Je vous annonce que je vais engager une large consultation des militants à la base, afin de définir clairement ce que le BR doit désormais exiger avant tout soutien politique.
J’ai demandé à la direction du Bloc Républicain l’existence d’un accord de gouvernance avec le candidat du Président Patrice Talon, Romuald Wadagni, Il m’a été répondu qu’aucun accord formel n’existe.
À la lumière de l’expérience douloureuse de la présidence du parlement, et de la non-intervention présidentielle en faveur du BR, je conclus que lorsque le Président Talon ne sera plus en fonction, il ne pourra plus nous obtenir ce dont nos militants auront besoin auprès de son candidat.
Il est donc urgent que le Bloc Républicain conclue un accord clair avec tout candidat disposé à protéger nos intérêts.
Il n’y a plus de candidat naturel du BR.
Que cela soit clair. Clair. Clair.
Nous avons deux candidats béninois, tous deux originaires du Mono.
Le BR a déjà un accord de gouvernance parlementaire avec la FCBE, preuve que la FCBE n’est pas notre ennemie.
Le BR a soutenu la candidature de Romuald Wadagni par le passé : nous n’avons aucun problème avec lui.
Mais un principe est non négociable :
Aucun parti ne soutient un candidat sans définir les termes précis de leur collaboration.
Chers militants, restez à l’écoute.
En votre nom, je rencontrerai chacun des deux candidats et je reviendrai vers vous avec ce que chacun propose concrètement au Bloc Républicain.
Le temps de la lucidité est venu.
Le temps de la dignité aussi.
Dr Bertin KOOVI
Conseiller à la Stratégie du Bloc Républicain



